Face aux marchands d’Apocalypse, Michael Shellenberger nous annonce cette vérité toute simple : non, la fin du monde n’est pas pour demain. Greta peut retourner à l’école.
Michael Shellenberger : Apocalypse Never ou la parabole du plastique
7 JUILLET 2020
Apocalypse Never de Michael Shellenberger est un livre événement comme on dit. Il pourrait être une bombe. J’ai bien peur qu’il ne soit qu’un pétard mouillé.
Dans un monde saturé d’irrationalité, où l’écologisme s’est érigé en religion dogmatique, où le catastrophisme est chéri et célébré sur tous les tons, le langage de la raison ne peut guère se faire entendre. Si on ajoute que l’auteur est un partisan du nucléaire, c’est une raison supplémentaire soit pour jeter l’anathème sur son livre soit pour le passer sous silence.
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Au travers de douze chapitres au titre accrocheur, il démonte les mythes sur lesquels repose l’imposture catastrophiste. Comme le réchauffement climatique sent un peu le réchauffé, j’évoquerais son livre en utilisant une autre entrée. Aux yeux de Michael Shellenberger c’est d’ailleurs loin d’être le problème environnemental fondamental.
Il évoque aussi ces expéditions scientifiques visant à déterminer la quantité de plastiques présents dans les océans. À la grande surprise des chercheurs, la pollution plastique s’est révélée incroyablement faible. Alors même que nous rejetons dans la mer des quantités très importantes de plastiques, la plus grande partie de ces rejets semblait avoir mystérieusement disparu.
Un élément de réponse a été apporté concernant le polystyrène. Les activistes de l’environnement n’ont cessé de clamer qu’il était beaucoup trop dur pour la dent des bactéries (j’utilise une image, non les bactéries n’ont pas de dents) et que les déchets de polystyrène subsisteraient ainsi des millénaires.
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Pas de chance, à l’image des vampires de la Hammer, les polystyrènes ne résistent guère à l’action des rayons solaires. Je cite : « la lumière du soleil décompose le polystyrène en carbone organique et en dioxyde de carbone. Le carbone organique se dissout dans l’eau de mer, et le dioxyde de carbone pénètre dans l’atmosphère. » Nous sommes même en mesure (quand je dis nous, c’est façon de parler) « de modifier la façon dont nous fabriquons les plastiques pour permettre une désintégration plus rapide. »
Pour ce qui concerne la mortalité des tortues ou des requins, ces animaux sont moins victimes des déchets plastiques que de la surpêche nous dit Michael Shellenberger.
Le même chapitre règle par ailleurs son compte au bio et aux fameux sacs en papier. Le bioplastique porte davantage atteinte à la nature et à notre santé que le plastique chimique et les sacs en papier accroissent davantage les émissions de C02 que les sacs en plastique. Et le réchauffement des océans fait même du bien aux albatros, tant mieux pour eux.