Samantha2 Sachez qu’il n’y pas « deux poids, deux mesures » entre ce qui est un bien, un bien même relatif, mais susceptible d’amélioration et d'amendement (cas des Alliés), et le mal absolu du nazisme hitlérien, ouvert sur le néant et la mort.
Vous ne saisissez pas que le bien et le mal sont des notions qui dépendent de jugements de valeur, pas de jugements de fait.
On ne transige pas, "pour ou contre", avec ceux qui ont été capables de concevoir, de planifier et de perpétrer la Shoah.
Il ne vous vient jamais à l'esprit que dans la conception des nazis, ce peut aussi être un acte nécessaire, comme pour vous avec Dresde. Eux aussi, ils "connaissent" le bien et le mal... à leur façon.
Le Tribunal de Nuremberg n’a pas existé et n’a pas jugé parce que les Alliés ont vaincu, mais en droit moral, il aurait dû exister et juger quand bien même les Alliés perdant la guerre. Mais visiblement, d'après vos dires, vous n'avez pas la lucidité pour cela, vos spéculations dans le vide vous faisant perdre de vue les plusieurs exigences du sens éthique.
Sans la victoire des Alliés, non, il n'y aurait pas eu de tribunal de Nuremberg, de jugement. Le droit porte en lui même des jugements de valeur, raison pour laquelle il est éminemment idéologique.
Samantha2 Ah « de mon point de vue » seulement. Parce que du vôtre, vu ses actes et crimes, Hitler ne relèverait pas de la Bête et de l’enfer sur terre, tout court. Bravo. J’en prends note.
Bah non. Dans ma conception des faits, il n'existe pas de bête de l'Apocalypse et d'enfer sur terre ; ce qui ne signifie pas pour autant que je nie ses actes. Je ne m'oppose pas à vous quant aux faits, mais quant à leur qualification : à la manière dont vous les nommez, car contrairement à ce que vous pensez, ce n'est pas sans importance.
Prenons un exemple : dès lors que pour les Juifs, il est question de génocide, et pas de "massacre", ou "d'assassinats de masse", cela n'entre plus dans la même catégorie que Dresde, et autres bombardements. Pour quelle raison invoquée ? Il est question de tuer les Juifs en tant que Juifs, de détruire un peuple, alors que pour Dresde, il y a aussi destruction d'une partie d'un peuple, moindre quantitativement certes, mais pas dans le but d'anéantir ce peuple. Les Alliés le font pour faire plier leur ennemi. Il y a dès lors un plus grand crime que l'autre.
La qualification dont il est question, génocide, date de 1943, et est utilisée par les Alliés au procès de Nuremberg. Les Alliés se permettent des modifications en droit international, pour qualifier les faits, en plus d'être juge et partie : ils définissent les crimes, ils condamnent, et évidemment, il ne sera pas question de leurs actions.
Samantha2 Staline était un dictateur. Mais un dictateur qui a circonstanciellement agi contre le nazisme, avec les Alliés et aux côtés des Alliés. Respectivement Churchill et De Gaulle ont signé avec lui des pactes de guerre par nécessité stratégique, et la menace nazie pesant autant sur eux que sur la Russie. Et cette dernière y payant quel prix... Mais Churchill et De Gaulle n’ont rien signé, et ne pouvaient rien signer avec Hitler.
Ensuite, après guerre, la dictature communiste s’étendant à quasi toute l’Europe de l’Est est une autre question, d’une autre nature. Ne pas mélanger les choses par opportunisme ambigu.
Bah non. De votre point de vue, Staline ne devrait pas seulement être un "dictateur", c'est-à-dire quand même un moindre mal par rapport à Hitler, mais un équivalent : lui aussi, il massacre à tire-larigot, pensez aux ukrainiens, et aux ennemis de classe. La différence avec Hitler est qu'il massacre pour des raisons différentes. Si Hitler est la bête, Staline devrait l'être aussi.
Présenter Staline comme étant un moindre mal par rapport à Hitler permet de justifier le point de vue des Alliés. Même si les Alliés ne disposaient pas comme nous du livre noir du communisme et autres recherches, ils connaissaient certains des agissements de Staline, ou crimes, et d'ailleurs, selon le moment de la guerre dont on parle, ils ne connaissaient pas tous les agissements de Hitler non plus : ce qu'il advenait des Juifs par exemple.