Revenons-en à la géopolitique, qui gère le monde, pour comprendre les causes de «l’agression» de l’Ukraine, et je viens de lire :
En 1991, après des siècles de dominations diverses (Pologne, Lituanie, Russie) où l’Ukraine changea d’alliances pour se délivrer de l’ennemi d’hier, lequel n’était jamais le même, elle acquit son indépendance à condition de rendre à César ce qui lui appartenait ; à savoir aux Russes tout l’arsenal nucléaire et militaire qu’elle comptait sur son territoire, et ce, parce que des traités lui garantissaient protection de la part de pays occidentaux.
La Russie, de son côté, s’engageait à ne pas l’agresser ; ce qu’elle fit cependant, arguant que la Révolution de Maïdan était en fait un coup d’Etat perpétré par Kiev et les Américains pour se débarrasser d’un président pro-russe, ce qui rendait nulle et non avenue sa signature des traités.
Mais revenons un peu en arrière.
Si la fin de la Guerre froide laissa espérer aux Russes une sorte d’accord avec les Américains pour protéger leur « zone d’influence » et pour que ces derniers ne s’empressent pas d’abriter sous leur aile otanusienne tous les anciens pays satellites, force fut de constater que rien de tel n’eut lieu.
Le mépris « versaillais » l’emporta sur la raison. «
L’Occident victorieux n’a pas cru bon de définir une architecture de sécurité qui fasse sa place à la Russie ».
Pourtant, « avec la réunification de l’Allemagne, l’Alliance atlantique avait rempli sa mission historique.
L’Europe centrale accédait quant à elle à la liberté.
Un autre système de sécurité collective devenait alors possible, avec la Russie, et non contre elle .
Par ailleurs, et contrairement aux pays dits satellites, la Russie a toujours considéré l’Ukraine comme son centre de gravité.
Se séparer d’elle radicalement, c’était s’amputer.
Le « Petit russe » et le « Grand russe » comme on les appelait au XIXème siècle, tous deux slaves, tous deux orthodoxes, ayant une langue sinon commune au moins voisine, n’étaient pas voués à faire sécession.
Sans compter que l’Ukraine avait sur son sol une population russe (11,3 millions de Russes ethniques, soit plus de 22% des habitants) et une population ukrainienne souvent mélangée.
Elles n’étaient donc pas promises au divorce, et ce, malgré les affrontements du passé.
Bref, si la Russie avait accepté l’indépendance de sa voisine, c’était à condition que celle-ci reste neutre et dans sa zone d’influence. Soljenitsyne, dans son essai "Reconstruire la Russie" publié en 1990, essai qui a beaucoup influencé Poutine, admettait cependant que si les Ukrainiens choisissaient de se séparer de la Russie, ils devaient pouvoir être libres de le faire « sauf pour les régions qui ne faisaient pas partie intégrante de la vieille Ukraine, c’est-à-dire la Novorossia : la Crimée, le Donbass et les zones proches de la mer Noire ».
Comment mieux résumer l’histoire des causes de cette guerre ?