• [supprimé]

af90 J'abandonne la partie philosophique. De toute façon, je pense que vous n'y comprenez pas grand chose depuis le début

J'ai toujours adoré ce mec.

  • af90 a répondu à ça.

    af90

    Il y a une différence entre établir des constats étayés par l'histoire et la philosophie, sur la politique, et notre société, et proposer des solutions. Au contraire, je vous ai même expliqué, qu'à part un miracle pour changer de société, je ne vois pas d'issue : comment imaginer autre chose dès lors que nous aimons les causes des maux que nous déplorons ?

    Je pense au contraire avoir bien compris vos hésitations face à ces paradoxes ; toutefois la frontière entre les deux attitudes est toujours plus floue que nous aimons à le croire.

    De toute façon, je pense que vous n'y comprenez pas grand chose depuis le début.

    Je pense bien comprendre le platonicisme et le guénonisme qui teignent votre pensée mais je n'en partage ni les prémisses ni les conclusions.

    Pour le reste vous avez répondu en même temps que je postais ce message, je poursuivrai plus tard.

    • af90 a répondu à ça.

      af90 Le fruit de ma bêtise

      J'espère que tu l'as brevetée, Sibeth pourrait te faire un procès, je signale à sarkonaute

      le produit de ma bêtise, cette dernière comme cause, vous comprenez ?

      france2100
      Je ne peux qu'utiliser Guénon avec parcimonie : toute la partie sur les doctrines hindoues de sa pensée, m'est inaccessible. Quant à Platon, je m'y réfère comme à d'autres quand j'estime qu'ils disent la vérité. Dans l'esprit, je suis bien plus proche de l'homme que j'ai choisi comme avatar : Donoso Cortes, même s'il n'est évidemment pas l'équivalent d'un Platon, Aristote, Saint Augustin...

      af90

      • Jusqu'à il y a peu nous avions un débat serein. Soudain vous m'accusez de ne rien comprendre, de ne lire que la moitié, d'ignorer la philosophie politique (argument d'autorité intenable au vu des contradictions entre auteurs), et de ne produire que des "affirmations" et non des "argumentations".

        Toutes ces accusations sont injustes et ne produiront pas un débat de qualité. Vous devez cessez de considérer tout désaccord comme une insuffisance de ma part, et tout quiproquo comme évitable et imputable à une faute unilatérale de ma part.

      • Mon attaque contre les élites concerne essentiellement ceux qui fabriquent le bien, le beau, le vrai et la loi. Autrement dit cinquante mille parisiens qui sont politiciens, journalistes, universitaires, médiatiques, juges, etc.

        De plus ce n'est pas l'existence d'une hiérarchie sociale et d'une grille d'excellence que je mets en cause, c'est le fait qu'ils détiennent tant de pouvoir et produisent une hétéronomie qui m'insupporte.

        Mon objectif est que la loi, le bien, le beau et le vrai défendus par la nation coïncident avec ceux du peuple français, et que sa direction soit conforme à ses intérêts. En particulier je ne peux accepter la subordination à une élite dont la religion leur impose de remplacer la France par un pays afro-arabo-musulman.

        A contrario je me soucie peu des riches : ils tendent à s'occuper de leurs petites affaires et interviennent peu dans les nôtres, à quelques exceptions. Ce sont des opportunistes égoïstes avec une vision court-termiste, pas des idéologues. Même sur des sujets comme la perte de souveraineté des nations on trouve peu ou pas de patrons. Et puis d'ailleurs richesse et pouvoir sont deux choses différentes.

      • Vous aviez mentionné les inégalités à propos de la représentativité démocratique. Dès lors les inégalités entre citoyens ordinaires et très riches sont non-pertinentes.

        Accessoirement malgré la mondialisation la richesse fut en réalité davantage concentrée à d'autres époques, et la richesse actuelle de nos milliardaires est en bonne partie un trompe l'oeil lié à l'inflation monétaire (triplement des prix en trente ans à possessions matérielles constantes).

        Enfin les inégalités ne me dérangent pas en elles-mêmes : je ne cherche à les corriger que lorsque cela permet de réduire les difficultés économiques des plus pauvres, or cette solution n'est pas nécessairement efficace ou nécessaire.

      • Je postule que les élites trahiront toujours car leurs intérêts, positions sociales et points de vue ne sont pas ceux du peuple. Et parce que leur soif de grandeur les empêchera de se satisfaire de la tête de la France alors qu'ils se compareront à leurs homologues chinois ou américains.

        Dans un système mondial on ne peut amener les élites à se satisfaire de diriger la France, pas dans le contexte actuel. Aucun absolu ne le permettra : elles se compareront toujours et voudront toujours plus : elles voudront une union de plusieurs milliards de consommateurs.

        Car là où vous voyez dans l'ambition une tare de notre époque, j'y vois la plus vieille histoire du monde : nos rois de France ne convoitaient-ils pas les terres de leurs voisins ? N'ambitionnaient-ils pas de régner sur l'Europe et puis sur le Monde ? Pourquoi croyez-vous donc que Rome ait conquis tout le pourtour Méditérranéen ? La volonté de puissance est aussi vieille que l'être humain.

      • Vous me reprochez de ne pas tenir compte de vos arguments contre la démocratie. Pourtant j'ai répondu à vos arguments sur la compétence des élites, sur le temps nécessaire à l'exercice du pouvoir (mes assemblées sont très éphémères et spécialisée, et non pas des mandats pluriannuels), sur l'hétérogénéité (qui fragilise autant la légitimité du peuple que celle des élites), sur l'illusion des dynasties familiales. Si j'en avais oublié un seul, nommez-le et j'y répondrai.

      • Vous complétez l'argument de la compétence en affirmant cette fois que les élites demeurent malgré tout plus compétentes.

        D'abord que veut dire être plus compétent ici ? On parle de compétence dans une direction particulière, le droit administratif, à l'heure où il faudrait être compétent dans plus de domaines qu'aucun homme ne peut en maîtriser. Or le droit adminstratif serait-il si essentiel pour débattre des normes du BTP ou des questions de défense ? J'en doute. Des élites formées avec Platon et Thomas d'Aquin s'en sortiraient-elles mieux ? Allons !

        Je réitère donc qu'il est vain de croire que l'on puisse aujourd'hui former des gouvernants à décider et que c'est bien plus sur le processus consultatif des experts, et plus largement le processus de formation des lois, qu'il nous faut porter notre attention. Et je réitère qu'une assemblée diverse sera bien plus compétente dans cet exercice qu'une assemblée de techniciens du droit.

        Mais imaginons pour l'exercice une assemblée de surhommes venus de tous horizons, réunissant ensemble toutes les compétences nécessaires. Pour autant je préférerais une assemblée tirée au sort car jamais ce surcroît de compétence n'effacerait les divergences d'intérêts : mieux vaudrait encore être gouverné par des idiots loyaux que par des ennemis extraordinairement compétents.

        Enfin, peut-être notre divergence repose t-elle sur nos appréciations respectives de la compétence des uns et des autres. Pour ma part j'ai toujours trouvé les cercles élitaires décevants et les cercles populaires souvent plus lucides.

      • Je n'ai jamais affirmé que la décolonisation serait simple ni qu'elle ressoudrait la société française. Au contraire elle supprimera certains clivages pour en attiser d'autres, entraînant une partie de la gauche à se radicaliser dans la francophobie, ce qui laissera des séquelles sur plusieurs siècles. Je dis simplement que c'est absoluement nécessaire.

        D'ailleurs je n'ignore pas que l'Espagne resta longtemps divisée après l'expulsion et l'inquisition, en grande partie car elle échoua à expulser proprement du fait des siècles écoulés depuis la conquête musulmans et des tentatives assimiliationnistes mises en oeuvre avant cela.

      • J'avais expliqué pourquoi un absolu risquait de diviser la société face au changement, à mesure que grandira le gouffre entre cet absolu et les nouvelles attentes de l'époque issues des nouvelles conditions matérielles. Je ne crois pas que vous ayez répondu à cet argument.

      • La mondialisation est essentielle en ce qu'elle sape la souveraineté des nations et amène nos élites à vouloir s'élever à hauteur du monde. Encore qu'elle n'est pas strictement économique : elle résulte en partie de choix idéologiques car une autre mondialisation que celle du GATT eût été possible, plus respectueuse de la souveraineté des nations.

        En revanche, non, le chômage et les divergences économiques entre hyper-centres et périphéries ne sont pas des facteurs importants de divisions parce que malgré les difficultés la province est loin d'être sinistrée.

        Et quand on prend le temps d'écouter les électeurs du RN et les abstentionnistes, ce ne sont pas des revendications économiques qui sont mises en avant. Même s'il y a dans la tertiarisation de l'économie un sentiment d'abandon vis-à-vis de la province et des hommes. Aujourd'hui ceux qui parlent le plus d'économie sont les déclassés des hyper-centres, qui fréquentent au quotidien une richesse qu'ils jalousent mais dont ils partagent les idées sociétales.

        Le dogme du primat de l'économie est une vision gauchiste : "le problème n'est pas l'immigration mais l'économie et le manque d'éducation, donc poursuivons l'immigration et donnons un revenu universel aux prolos".

      • Vous me reprochez de ne pas argumenter l'idée que les divergences culturelles seraient inévitables dans une société opulente, mais je l'avais déjà fait : c'est une conséquence du temps libre.

        Demain les gens travailleront dix heures par semaine. Pensez-vous vraiment qu'on puisse les convaincre de passer leur vie à l'église ? Ou qu'en leur imposant une chaîne unique ils la regarderont toute la journée ?

        Un être humain innocupé est un être qui réfléchit, qui crée, qui s'interroge sur lui-même et ses désirs, et donc qui se singularise. L'individualisme n'est pas un dogme arbitraire, un accident de l'histoire, mais une conséquence de la technique (même si l'urbanisation y joue sans doute un plus grand rôle que le temps libre).

      • Je ne peux pas davantage démontrer ma conviction à propos des USA que vous ne pouvez démontrer la vôtre. Nous ne pouvons que constater la divergence de nos croyances à ce sujet et attendre que l'Histoire nous révèle lequel de nous deux a raison.

      • Oui, je suis certain de choisir des nations souveraines et concurrentes plutôt qu'une autorité internationale limitée malgré les désastres que cela impliquera.

        Parce qu'une autorité internationale limitée ne se satisfera jamais de ses limites : le propre du pouvoir est de toujours s'étendre, et à notre époque un pouvoir international a bien trop de moyens de le faire. Tant du fait de la technique (médias de masse et communications) que du fait que les élites ne se satisfont plus du carcan national.

      • af90 a répondu à ça.

        Je reprendrai quelques thèmes plus tard. Cela risque d'être long.

        Libération va devenir une société à but non lucratif.

        Cette nouvelle structure, inédite pour un quotidien en France, s'inspire de celle employée par Mediapart et The Guardian.

        « Libération » se transforme en société à but non lucratif

        C'est un dispositif inédit pour un quotidien en France : Altice France se sépare de Libération pour le transférer dans une société à but non lucratif. Le groupe s'engage également à éponger les dettes du journal, selon un courriel envoyé en interne et consulté par l'Agence France-Presse. «  Cette nouvelle structure garantit à Libération sa totale indépendance éditoriale, économique et financière. » Elle sera «  présentée aux instances représentatives du personnel  » et déclenchera l'ouverture de la clause de cession, précise le document. «  Les droits actuels de la rédaction seront intégralement maintenus et garantis  », ajoute le texte. Libération compte 200 salariés.

        Concrètement, Altice France (également propriétaire de BFM TV, RMC et SFR) va créer un «  Fonds de dotation pour une presse indépendante  », qui acquerra, via une filiale (Presse indépendante SAS), le journal, sa régie et sa société de développement technologique. Ce dispositif s'inspire de celui adopté par Mediapart en 2019, lui-même imaginé à partir du modèle unique au monde du «  Scott Trust  », qui protège depuis les années 1930 le quotidien britannique The Guardian.

        Entre 45 et 50 millions d'euros de dettes

        Aux journalopes qui racanaient sur Trump est sa hydoxychloroquine.

        france2100
        Je commencerai par critiquer votre raisonnement, et certains des postulats induits.

        1- Qui veut défendre un avis doit d'abord étudier, croire contre savoir.

        Qu'est-ce que l'opinion ? Un moyen terme entre le savoir et l'ignorance. L'opinion se forme chez l'homme à partir de son expérience, sa vie au quotidien : elle est particulière, déterminée, singulière. Elle se distingue du savoir qui est connaissance de la vérité : de l'universel.* La conviction n'est soit qu'une opinion, soit qu'une vérité trouvée, renforcée dans les deux cas par le sentiment. Tel homme aime cette opinion, ou cette vérité.

        Je ne vous reproche pas d'avoir des opinions, mais de vous décider avant de les avoir confrontées à l'étude, en l’occurrence de la philosophie politique dans le cas de votre démocratie. Comment concilier démocratie et richesse, grand pays, grand nombre de citoyens ? Des citoyens très peu instruits, sans expérience de la plupart des problèmes rencontrés et assemblée ? Voulez -vous livrer notre pays à l'ignorance ? Egalité des conditions et richesse ? Gouvernement et assemblée ? Obéissance, et un citoyen qui se veut maître autant que sujet ?

        De même lorsque vous parlez des USA, à aucun moment, je ne donne un avis sur la société américaine. Je me contente simplement de rappeler quelques faits connus, et de dire que je n'en sais pas plus. Je vous renvoie alors sur la question à l'étude des Etats-Unis tout simplement.

        *Je ne reviens pas sur la formation de la science ou savoir qui se fait par recherche de la vérité à partir de la comparaison entre les diverses expériences : comment de la comparaison des particuliers, l'on tire l'universel.

        2- Vous ne connaissez pas les paralogismes.

        Je mets en doute votre faculté critique face aux sciences humaines que vous étudiez. On juge à partir de ce que l'on connaît : aujourd'hui, nous n'étudions plus la logique, le raisonnement. De plus, comme en géométrie, cohérence et vérité ne font qu'un, nous imaginons que tout raisonnement logique est vrai, comme c'est le cas pour les objets mathématiques. Nous prenons le moyen pour la fin : la conformité entre l'axiome et les conclusions, comme vraie, en oubliant qu'en géométrie, le principe que l'on postule est vrai, car ses effets jusque-là sont vrais.

        Vos modèles, comme celui sur la richesse, après celui sur le bonheur, ne sont jamais que de mauvaises abstractions : un facteur est tirée de la réalité comme ensemble, pris comme hypothèse, et l'on en tire toutes les conclusions possibles. Cette réalité est réduite à bien peu de chose. On le voit aux mauvaises conclusions que l'on en tire.

        Si l'on doit étudier la réalité suivante : la puissance du riche. Il faut traiter de ce riche dans la société donnée en analysant les facteurs de puissance, dont la richesse fait partie tout comme les relations, la renommée... Mais aussi les résistances que la société lui oppose. Cela ne se réduit donc pas à démontrer que le riche d'aujourd'hui est relativement plus riche ou non que ses prédécesseurs.

        Je constate que l'oligarque aujourd'hui se soustrait facilement à l'impôt, aux lois ; qu'il peut tordre le bras des politiques, s'organiser facilement en lobbies, traverser le monde et nouer contact avec ses rivaux ou collègues selon l'affaire facilement, transférer facilement son argent, acheter des médias et disposer d'un pouvoir d'influence très conséquent sur l'opinion, ou au moins exercer une censure non affichée... Il est un homme du monde, cosmopolite, au – dessus des Etats, car le monde est devenu bien petit : transport, communication, échanges immatériels, informatique... C'est une réalité autre que les Fugger qui pourtant étaient en mesure de financer l'élection impériale de Charles Quint, donc étaient déjà puissants.

        3- Destin et liberté humaine.

        Vous êtes soumis à l'idée d'un destin qui ne laisse place à la liberté humaine : nécessité fait loi. L'histoire a été celle-ci et n'aurait pu être autre, justement car elle a été ainsi. A l'échelle de l'homme, il ne peut que succomber à ses passions, non parce qu'il se fait une fausse conception de lui – même, et est donc très ignorant comme chez moi, mais parce qu'il n'y a pas d'autre alternative. Il est aussi condamné à subir le monde et ses changements, envisagé comme une histoire qui tend vers une fin inéluctable.

        L'action de l'homme se réduit alors à faire de nécessité vertu: s'adapter, le maître mot de notre époque, parce qu'il n'y aurait d'autre choix, parce qu'il ne peut rien d'autre. A l'échelle de l'homme, c'est être honnête avec soi – même, ce qui ne revient jamais qu'à accepter sa médiocrité, même à la présenter comme une force. A l'échelle politique, c'est se soumettre aux opinions du temps, à la réalité comme si elle ne pouvait changer. Par le destin on finit asservi au monde, aux opinions du temps, au pire des maîtres, l' homme et à ses idoles : l'Histoire avec la majuscule est l'une d'elle.

        S'il y a peu de chances de redressement, selon moi, ce n'est pas par pure fatalité : elle ne devient telle que si l'homme sombre dans la bêtise ou la malice. C'est articuler les idées de destin et de liberté humaine : cela signifie que nous pourrions échapper à notre destin, à notre triste sort, à condition juste qu'un ou plusieurs hommes portant le bon diagnostic émergent et montrent la voie. C'est un faible espoir, mais un espoir quand même.

        « Toute vérité politique se convertit en vérité théologique » disait Donoso Cortes : le résumé ce troisième point.

        4- Volonté de puissance : l'homme réduit à une seule concupiscence

        La volonté de puissance est une réduction de l'homme à une seule passion, la pire probablement :l'orgueil née du désir de dominer. C'est ignorer les autres passions qui naissent des différents désirs: de la libido sentiendi peut naître l'excès de satisfaction des sens  de l'oeil ; et de la libido sciendi, l'excès du désir de connaissance. C'est réduire l'homme à sa forme timocratique.**

        Mais, si ce portrait colle bien à certains oligarques qui envisagent la vie, la lutte entre les entreprises et les rapports au sein de leur entreprise comme un darwinisme, les Jack Welch, je n'oublie pas contrairement à vous que c'est grandement simplifier la réalité.

        Ces hommes ne sont pas tous des lions : ceux qui réussissent le plus le sont, et l'on ne tend qu'à considérer ces derniers. Ma cité tente de les faire servir car ils sont les plus dangereux. C'est la différence entre votre théorie et la mienne. Je n'oublie pas qu'il y a aussi parmi ces gens-là, des gens esclaves d'autres passions : les diverses jouissances nées de la libido sentiendi, dont les possibilités sont évidemment multipliées par la richesse.

        Ainsi, je sais très bien que ma théorie sur comment faire servir l'élite n'est pas sans de grandes faiblesses. Mais lorsque l'on raisonne sur l'homme, matériau très imparfait, on ne peut produire que la meilleure société possible, et qu'elle s'avère très imparfaite : voilà l'objectif de toute bonne philosophie politique.

        **J'en reste aux passions ou désirs, évitons une controverse trop métaphysique sur l'âme.

        5- L'histoire : se connaître avant d'interpréter.

        L'histoire ne « révèle »rien. Au mieux elle sert le raisonnement par analogie, ou nourrit une discussion en fournissant des exemples. Elle est l'expérience humaine qu'il faut interpréter. Elle n'accouche pas de la vérité, et le vainqueur n'a pas toujours raison. Nous n'allons pas revenir sur Hegel, et ses divers successeurs.

        Quand on étudie l'histoire il faut se faire aussi bien philosophe que philologue comme dirait Vico : connaître ses postulats, se connaître, ce que ne sait plus faire l'historien contemporain ; et bien étudier les actes des hommes, ce qu'ils produisent, ce qu'il fait plutôt bien.

        Comme je vous l'expliquais précédemment, si vous partez du principe que les élites sont des ogres, vous ne sélectionnerez que les faits allant dans ce sens pour construire votre petite théorie. Tous les rois de France sont alors Louis XIV, et notre histoire n'est qu'en fait que la politique des réunions. ==> Attention aux théories volumineuses qui ne reposent que sur des pétitions de principe, car l'historien ne maîtrise pas les premiers axiomes de son raisonnement.

        Lorsque je me suis improvisé apologète de l'Eglise dans le point 7 d'un précédent post, j'ai révélé mon intention comme l'aurait fait un ancien : j'estimais conforme au bien et au vrai, toutefois sans certitude, de défendre l'Eglise face à votre histoire voltairienne, alors je l'ai fait sans vous mentir. L'historien d'aujourd'hui réduit l'être au paraître, il se dispense de cet examen, en affectant une attitude, l'objectivité. Il lui suffit de choisir de l'être pour l'être : la volonté est omnipotente, reconnaître un bien, c'est alors l'adopter. 3,2,1, Top, c'est bon tout ce que je dis désormais est objectif.

        Vous vous moquiez de Saint Thomas d'Aquin précédemment : mais il pourrait vous enseigner les rapports qui existent entre l'intelligence, la volonté et l'action, la division qui existe en l'homme, à quel point soumettre l'action à la volonté qui doit être orienté vers le bien, et à l'intelligence qui doit être orientée vers le vrai, est une tâche difficile : que l'intelligence commande la volonté, et que la volonté commande l'agir, que non seulement l'intelligence ne se trompe pas, mais aussi que la volonté soit droite... Que des questions que notre époque ne se pose plus ! Un tel oubli favorise deux excès opposés : soit l'homme peut tout, soit il ne peut presque rien, le même homme moderne portant ces deux avis contraires indifféremment, car il ne sait plus reconnaître les premiers postulats induits par ses idées.


        Je passe désormais à une critique plus politique.

        1- la bourgeoisie

        Je ne reviens pas sur la mondialisation, dont vous minorez les effets. Répétons juste deux constats : 1- il faut une véritable révolution pour revenir à une économie dont la mesure n'est plus le monde mais la nation ; 2- Ce n'est pas un chambardement que tous les français souhaitent : le petit ou grand bourgeois parisien, nouveau nomade, complètement déraciné, est pleinement satisfait de cette économie, et de son mode de vie afférent car il a une vie tout à fait agréable.

        La bourgeoisie intégrée n'est pas l'élite : elle est constituée des gagnants de la mondialisation, de ceux qui ont intérêt à soutenir l'ordre établi. Mais soutenir un ordre, ne signifie pas forcément en être à l'origine, le produire. Car à la différence du politique, ou de l'élite économique, le bourgeois, souvent cadre, sert.

        Qu'est-ce qu'un journaliste ? Un salarié. Pareil pour l'universitaire. Le premier est embauché si ses idées sont conformes, le second réussit si ses idées sont conformes. C'est ce dont je parlais au début de notre discussion, en parlant de l'orthodoxie. Toute institution, tout groupe humain admet des idées sans discussion, et il ne fait pas bon s'y opposer. Si vous tenez à réussir, vous ne pouvez vous le permettre : il faut vous soumettre au monde. Qui ne se soumet pas, voit les portes se fermer. Voilà comment on produit des serviteurs, porte-flingues qui sont très conformes tout en s'imaginant libre-penseurs.

        2- la trahison des élites.

        Il y a effectivement trahison des élites : le politique sert sa pomme, comme l'oligarque le fait. Ce n'est pas le constat qui nous oppose, mais la possibilité qu'il en soit autrement : destin contre action possible.

        Mon argumentation reposait sur ce point sur l'analogie avec une autre société, qui cherchait à faire servir les élites en contrôlant leur ambition. Car, non seulement il n'existe pas de société sans élite ; mais en plus, elles ont beaucoup à offrir. L'ambition ne devient une tare pour la cité, que lorsqu'elle ne la sert pas. Tout l'art de la cité est de se servir des aspirations des hommes.

        Pour ce faire, il faut une tête, un roi, éduqué dans la philosophie et l'histoire : qui connaît les hommes et la société des hommes. C'était ce qu'était l'ancien roi de France. Gouverner, la technique politique, cela s'apprend : avoir une vision globale de la cité, tout en utilisant la compétence des bons spécialistes et techniciens, Vauban, de notre époque.
        Comment espérer d'un homme même accompli, élu, qu'il soit bon dans une tâche, si rien ne l'y a préparé ? Si cela n'empêche pas les erreurs, en témoigne Louis XVI et la destruction de la réforme Maupeou, c'est toujours mieux que rien.

        3- la fracture ethnique

        C'est un remède de cheval, cher ami qu'il faudrait. Il faut non seulement se faire Mithridate : « nos ennemis ne sont pas à nos portes », et disons plutôt exiler que massacrer, en réfléchissant aux moyens nécessaires. On ne purge pas une population sans risquer la guerre civile, ou on n'expulse pas en masse, sans risquer de graves problèmes internationaux.

        Mais il faut aussi, permettez – moi, ce mauvais néologisme : « renationaliser » les esprits, pour que votre politique soit efficace. Autant dire, que le cosmopolite qui tient à le rester doit passer sous les fourches caudines d'une inquisition nationale. Or, les bourgeois cosmopolites sont aussi ceux qui ont le plus de compétences à offrir : ils peuvent être sollicités par des entreprises étrangères. Non seulement l'exil est facile, mais il peut même être très profitable. Si c'est pour que cette politique nous prive de nos meilleurs éléments, est –il vraiment possible de la mettre en œuvre ?

        4- « économie » du superflu

        Notre « économie » est fondée sur la recherche du superflu non sur la satisfaction des désirs nécessaires, qui sont comblés depuis longtemps, tant mieux d'ailleurs. Il ne s'agit plus de produire en vue de la satisfaction d'un besoin, mais simplement de produire pour vendre toujours plus, afin d'accumuler toujours plus d'argent, une chrématistique en somme ; et dans le même temps d'inciter l'acheteur au renouvellement de ses biens par les modes, les nouveautés incessantes dans le domaine technologique, le désir par le biais de la publicité qui n'est qu'une forme de propagande commerciale. Une « économie » de la cupidité signifie produire plus, vendre plus, gaspiller plus. Il faut voir ce triptyque comme une roue qui tourne toujours plus vite. Il y a complémentarité entre produire toujours plus d'un côté, consommer toujours, et jeter toujours plus.

        L'homme de cette société, le consommateur, réduit le bonheur -- état à trouver par l'éthique-- au bien être, la satisfaction des sens. Mais le désir étant aussi protéiforme qu'insatiable, il passe sa vie entre plaisir et douleur. Il est toujours dans la quête d'une nouvelle sensation, divertissement, d'un nouveau loisir ou achat, d'une nouvelle fête. Il travaille à cette fin depuis longtemps, même lorsqu'il pourrait se contenter de moins. Il est esclave de ses désirs: l'exact opposé de l'homme traditionnel qui limite ses besoins, et cherche à se satisfaire du nécessaire, la condition sine qua non de la liberté.

        A l'homme producteur cupide, répond un certain type d'homme le consommateur jouisseur, l'homme asservi à la libido sentiendi. Parfois ces deux facettes se côtoient dans un même homme, celui d'élite*. Tout cela pour dire que dans ce contexte, l'homme n'est pas près de travailler dix heures, quand il travaille, et même s'il le pouvait.

        Cette analyse, je le reconnais, mériterait un peu plus de finesse, de réflexion.
        *allusion au paragraphe sur la volonté de puissance ou libido dominandi.

        5- propagande et mythe de l'homme informé, éclairé.

        Nos sociétés sont organisées autour de l'opinion, et de sa seule traduction politique, un jour tous les deux – trois ans, le suffrage universel. L'opinion est un mobile qui justifie tout pour le politique. Il s'agit alors de la maîtriser. Pour savoir qui fait l'opinion, il faut se poser la question qui finance ? Je laisse cette analyse à un autre. Mais cette opinion publique a complètement explosé les dernières années : il y a les médias, et il y a internet.

        Le journaliste est celui qui devait informer. La liberté de la presse loin d'engendrer un homme plus informé a conduit à la propagande, à l'asservissement des consciences, à la désinformation. L'éclatement dont j'ai parlé précédemment, disons livre l'homme du quotidien à une multitude « d'influenceurs » du journaliste, au vidéaste sur youtube, à la doctrine d'un parti : il y a éclatement dans l'information ou désinformation selon la qualité qu'on lui attribue...

        La véritable source de tout cela, c'est justement l'homme de tous les jours qui pour penser a besoin qu'on lui dise quoi penser. Le "propagandé" réclame sa propagande, et se fait ensuite propagandiste dans son petit groupe. Car la vérité que nous oublions, c'est que penser par soi-même est une liberté qui s'acquiert sur un sujet donné par beaucoup d'instruction : la liberté est en fin de chemin, non au début. Juger grâce à un autre, cela dispense de connaître : c'est un raccourci.

        L'autre grand mythe sur lequel repose l'homme moderne soi – disant plus éclairé est celui de la « culture » : terme qui recouvre en fait une immense industrie du divertissement, intelligent ou moins, qui va de littérature, au cinéma, en passant par les journaux, expositions, musées. Ces divertissements ou activités ne servent pas l'apprentissage, mais constituent plutôt un second raccourci. Le seul moyen de connaître un sujet est de l'étudier, puis de produire soi – même : on apprend en actualisant, un long et rude chemin.

        Ne soyons pas dupes, du temps donné à nos amis, sert plutôt l'industrie du film, du sport, ou la télévision, que la formation de scholè à la grecque. Divertissez – vous si vous le souhaitez, je le fais aussi, mais ne nous faites pas passer des vessies pour des lanternes : voici mon message en substance.

        Je conclus que non seulement l'homme du quotidien, même celui qui a fait des études, n'est pas spécialement instruit, mais qu'il se fait beaucoup d'illusions sur sa prétendue culture : ce qui souvent l'empêche de juger à partir de son seul savoir, aussi imparfait soit-il, l'opinion née de son expérience, autrement dit pas grand chose.

        6 – relations internationales

        Sachant que le monde est actuellement divisé entre libéraux idéalistes et réalistes n'acceptant que l'idole nation, le futur ne semble pas très réjouissant. Soit une fausse conception de la justice portée par les institutions internationales et subie par une bonne partie des nations du monde, soit un monde livré au seul jeu des intérêts de chaque nation, c'est-à-dire la mort de toute idée de bien ou justice. A choisir, mieux vaut encore la première solution.

        2 mois plus tard

        Il existe des raisons économique à l'effondrement de la qualité de l'information en France, on point souvent du doigt des médias politisés (qui ne le serait pas d'ailleurs ?). C'est métier qui subit des transformations massives avec le numérique et qui est victime de la précarité, et cela a des conséquences directes sur la qualité de l'information. C'est bien expliqué ici :
        https://www.panoramamedia.fr/post/les-7-raisons-qui-expliquent-pourquoi-les-journalistes-ont-mauvaise-presse

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          Balor21 C'est métier qui subit des transformations massives avec le numérique et qui est victime de la précarité, et cela a des conséquences directes sur la qualité de l'information.

          Pour toute chose, il est important de prendre le temps pour bien faire les choses. La recherche immédiate de profit, de chiffre, de scoop sensationnel, de recherche d'audimat est une aberration pour des journalistes d'information.

          Enfin, l'actualité a besoin de réactivité. C'est un métier spécial ...

          un an plus tard

          cheshire-cat
          Campion, c'est un peu comme Sarkozy, une personne souvent diffamée.... Je me demande bien pourquoi. En attendant, le Canard est plus que le meilleur hebdo hexagonal. C'est le seul journal digne de ce nom. C'est peut être pour ça qu'il ne perd pas d'argent, bien qu'il refuse les pubs, et qu'il soit très bon marché (1.5E). Il faudrait être fou pour dépenser plus, comme disait le marchand de chaussures.
          C'est aussi un journal dont on lit généralement tous les articles, vu que les rédacteurs ne délaient pas.

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          690 Comment les médias peuvent-ils restaurer la confiance avec les citoyens ?

          Au lieu de faire les perroquets de l'AFP, ils n'ont qu'a faire de l'investigation journalistique et prioriser l'information en fonction des préoccupations des français plus qu'en fonction de leurs lignes éditoriales lobbyistes.

          Le quatrième pouvoir ce n'est plus les médias, mais l'AFP.

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            Même le choix parmi les dépêches AFP est le même dans tous les médias mainstream. Quand on zappe d'une chaîne info à l'autre, on tombe sur les mêmes images avec les mêmes commentaires. Ensuite, si on écoute France Info, ce sont encore les mêmes sujets. Mais toutes les dépêches ne sont pas traitées. On a aussi l'impression que l'info est édulcorée de telle manière qu'on ne puisse pas comprendre. Qui sait, par exemple, que c'est la Qatar qui subventionne les djihadistes au Mali? (Y compris actuellement).

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              Poufpouf Même le choix parmi les dépêches AFP est le même dans tous les médias mainstream.
              ...

              Normal, ils ont les memes priorisations, les memes lobbyies, la meme ligne éditoriale (ou quasi)... c'est pour ça qu'ils sont qualifiés de mainstream (bref, ils s'ostracisent d'eux-memes).

              ... Et, oui, il y a aussi beaucoup de mensonges par omissions. "On ne nous dit pas tout! - d'Anne Roumanoff "

              2 mois plus tard

              La chaine d’informations continues BFMTV ne va améliorer sa réputation à cause du lapsus d’une présentatrice qui a confondu fake news et fact-checking. Ces termes américains veulent dire fausses nouvelles et vérification des faits. Si cette journaliste parlait sa langue maternelle le français comme tout bon journaliste devrait le faire, elle n’aurait pas commis ce lapsus.

              4 chaînes quand une seule suffirait, puisque qu'elles délivrent les mêmes infos, à la même heure, avec les mêmes images. En plus, les commentaires convenus ne permettent pas de comprendre le sujet. Bref, je préfère lire Le Canard. Tout est clair, bien résumé, et surtout exact et complet. Le reste est à jeter.