Petite manipulation médiatique classique

D'abord le gros titre

"Une centaine de migrants expulsés de Calais"

Youpi ? Non plus personne de sérieux ne peut y croire
Juste un peu plus bas c'est confirme mais combien n'ont lu que le titre ?
Les gogos qui croient qu'il y a encore des expulsions de clandestins et qui pourrissent les forums pardi !

Une centaine de migrants de Calais ont été expulsés mardi matin de leur campement vers des centres d'accueil de la région, a annoncé la préfecture

Ils ont juste été changés de place, aucune expulsion, donc encore un article mensonger au titre putaclic mensonger

Mais voilà qu'ensuite on nous apprend

les associations relèvent depuis environ un mois une augmentation du nombre des arrivées

Ce qui confirme bien que les frontières sont restées ouvertes et le mouvement des clandestins libres de circuler.
Rien de nouveau, (presque) tout le monde correctement infirmé le savait mais c'est juste pour embêter les menteurs de mauvaise foi.

Autre information utile : Article publié il y a trois heures sur le figaro et... aucun commentaire
Bonjour la censure les commentaires seront sabrés à 95% comme d'habitude et ils ont modifié leur interface pour qu'on ne voit que les trois premiers qui seront insipides ou collabos en scrollant un bandeau étroit sur la droite de la page, dernière étape avant la suppression des commentaires.

Source du délit de désinformation de manipulation médiatique et de censure ici
https://www.lefigaro.fr/flash-actu/une-centaine-de-migrants-expulses-de-calais-20200512

Vais stocker encore un peu de bois bien sec

france2100

Ce n'est pas la nature humaine qui conduit à une mauvaise interprétation des chiffres, mais l'ignorance. Or, l'homme peut tout autant l'accepter que la nier : je ne suis pas assez savant pour interpréter ; ou j'interprète quand même. C'est une liberté qui implique autant mérite, s'il se comporte bien, que démérite s'il se comporte mal.

Plus exactement, c'est la conception déraisonnable de la raison née au XVIIème que j'accuse. Je ne reproche pas à Descartes ou Spinoza leur méthode, mais de l'appliquer indifféremment à tous les objets existants, en faisant nécessairement des objets mathématiques. Lorsque l'on veut savoir si un principe est juste, il faut en constater les effets. J'ai développé cette question précédemment. Je vous laisse y réfléchir : notamment à ce que le bonheur devient chez vous.

D'ailleurs, parce que l'homme moderne se fait une fausse idée de l'homme, un modèle, il pense être bon, ou raisonnable. Pour être dirigé par sa raison, il faut se soumettre à une éthique, stricte. C'est un travail de longue haleine, que seul l'homme d'élite : en l'occurrence le philosophe, parvient à réaliser. N'est pas Marc Aurèle ou Socrate, qui le souhaite. Ce qui est propre à l'homme moderne, c'est d'ignorer tout cela.

L'homme moderne est empêtré dans la réalité dans la mesure non pas forcément où il n'a pas de religion, mais où il nie toute métaphysique. Il croit ce qu'il voit parce qu'il confond vérité et réalité. Il pense que seul le sensible existe : il nie l'être. Singulier paradoxe, il le fait au nom de la raison, qui pourtant ne se constate pas au microscope. Il refuse ces questions, car elles lui semblent forcément oiseuses. Si je ne vous ai pas convaincu jusque-là, autant accepter l'impasse : je ne vais pas me répéter ad vitam aeternam.


L'homme moderne se prenant pour Dieu, il veut édifier le paradis sur terre par la politique. La vérité, c'est qu'il y a des choix à faire. Autrement dit, vous ne pouvez pas tout avoir. J'affirme qu'il est moins dommageable pour une société d'accepter une doctrine et ses faiblesses, que de tenter de concilier ce qui ne peut l'être.

Qu'est ce que la philosophie politique ? C'est la science qui étudie le moyen de constituer une société et de la conserver ; ce que doit être le politique, et comment il prend soin de son troupeau : la forme du gouvernement ; la fin de votre société ou bien commun ; comment conserver ce bien commun par les lois ; comment produire un homme honnête si ce n'est vertueux, et le conserver tel quel. Pas simple, je vous le concède ! Le cours des événements ne devient fatalité : s'impose au politique, que lorsqu'il ne sait pas où il va.

Le principal reproche à faire au roi d'Ancien Régime, est d'avoir progressivement oublié quels étaient les fondements de son régime : de ne pas l'avoir protégé en conséquence contre les dangers, et d'avoir même participé à sa destruction à son insu.

Vous parlez de l'explosion du savoir, mais ce n'est pas tout à fait vrai. Il n'est que dans les sciences physiques et naturelles. Je ne vais pas m'aventurer dans ce sujet, mais il me semble que la méthode scientifique et la spécialisation y ont largement porté leurs fruits. Il faudrait rajouter l'économie, parce que l'on se souciait assez peu d'économie dans les sociétés traditionnelles. Par contre, en philosophie, pardon ce qui tend à la remplacer : une partie des sciences humaines, ou en histoire c'est beaucoup plus contestable.


La démocratie dans une société riche et étendue comme la nôtre, c'est déraisonner. Elle présuppose l'égalité des conditions. Or, plus la société est riche, moins c'est réalisable. Vous pouvez toujours décréter l'égalité devant les lois, elle n'existe pas vraiment.

Vous nous proposez une utopie où chacun est maître et sujet, gouvernant et gouverné : mais à l'aide de quelle science -savoir-, vos citoyens gouvernent-ils ? Dans la communauté de fermiers de l'Amérique du XVIIème, ils sont tous fermiers avec des intérêts et problèmes communs : s'ils n'ont pas la connaissance de l'universel -le savoir ou science-, ils ont au moins pour eux l'expérience : la connaissance de leur propre vie, qui est analogue à celle de leurs concitoyens.
Comment allez-vous trancher nos problèmes dans vos assemblées ? Comme dirait Ortega y Gasset, vous aspirez à régner à l'aide de vos lieux communs de café.
Croyez-vous vraiment que vous ou moi, nous pourrions remplacer nos politiques, tout aussi imparfaits soient-ils, au pied levé ?
Vous avez pensé aux applications réelles de votre projet ? Par exemple, il faut du temps pour la politique, vous savez, ce qui exclut déjà pas mal de citoyens : ceux qui travaillent le plus, les patrons...

Sans oublier que votre régime est une négation totale des qualités naturelles des hommes : chacun doit se plier à une certaine égalité dans la servitude ; nous sommes tous des unités égales. Aucune famille ne peut se distinguer, conquérir une plus haute position au fil des générations, par le travail de ses membres. Vous ignorez ce que souhaitent les hommes.

Alors certes, dans la mienne, il y a la famille comme première société, et bien plus exigeante que l'Etat, et d'autres sociétés établies sur des intérêts particuliers, mais c'est pour mieux contrebalancer le pouvoir de l'Etat. Si effectivement, chaque individu doit pouvoir être Bel – Ami, ou Rastignac, il ne peut avoir d'accord entre nous, sur ce point.


Je ne reproche pas à la République d'avoir une élite, je lui reproche de lui laisser l'occasion de déchoir. Je ne souscris pas au terme fatalité, dans la mesure où une élite est une bonne chose, pas une mauvaise.

Justement, j'ai parlé de Rome ou de la monarchie, parce que ces deux régimes cherchaient à instrumentaliser l'ambition et le désir de gloire de l'élite : l'une par le cursus honorum, l'autre par le service du roi. Toute l'idée de l'ascension dans ces sociétés est de se faire par l'industrie, le négoce, par une politique familiale ; puis de sortir de l'ordre économique pour l'ordre politique et de conquérir la gloire. Ce sont des timocraties à cet égard. Ce que j'ai résumé ainsi : que l'élite serve le régime, par sa soif des honneurs, de réussite, de renommée. Qu'est-ce qu'un noble ? Celui qui conquiert sa notoriété. Que doivent faire ses descendants ? Conserver la renommée conquise, le nom.

Tenir en laisse l'élite fait partie des missions du pouvoir politique. Voilà pourquoi ma préférence va à un roi plutôt qu'à un Sénat : un arbitre au-dessus des nobles. Toute la politique du roi doit être de se concilier avec l'aristocratie, sans la détruire, la faire déchoir. En cela, le roi de France a échoué. Mais qu'une société meure ne prouve pas que tout y était mauvais, parce qu'une société n'est jamais éternelle : elle naît, elle vit, elle meurt.

Si je m'en tenais à Platon, je dirais que nous sommes à mi-chemin entre l'oligarchie et la démocratie, que la cité est divisée : que l'élite est cupide, oligarchique, mais que l'esprit du peuple est démocratique. Ils ont en commun d'être tous soumis à leurs passions. Les premiers ne veulent plus servir mais juste se servir, les seconds ne veulent plus obéir. Personne ne pense plus à la cité.

Si je ne suis pas démocrate, c'est parce qu'en dehors des premiers temps protestants en Amérique, il s'agit du régime de la bêtise, de la débauche, et que cela n'entraîne que le malheur de tous. Qu'est – ce que la démocratie ? Platon dit : « un cloaque qui a les apparences de la beauté ».

Comment sort – on de ce régime ? J'en suis réduit aux hypothèses ; je ne peux que l'imaginer. J'ai bien peur de dire par l'émergence d'un tyran, ou une dictature, qui ne sera pas forcément meilleure que notre situation actuelle, à moins d'un homme éclairé et providentiel : tout à fait improbable, je le concède. Je regrette que le général ne l'ait pas été, en étant plus contre-révolutionnaire.
Comment reconstitue-t-on une noblesse ? Pareil, je ne peux que tenter de l'imaginer. Comme pour l'homme providentiel, elle sort de l'anarchie en se distinguant : la résistance aurait pu donner cela ; de toute façon, corrigez – moi, si je me trompe, elle a bien nourri l'élite politique de la IVème et Vème République ; et admettons-le, le résistant méritait grandement les honneurs.

5° Considérons maintenant votre état des lieux : une réponse point par point, en plus des considérations précédentes. Je reprends vos lettres.

a) vous oubliez la fracture entre français patriotes/nationalistes et cosmopolites. Il faut effectivement résoudre la fracture ethnique : rétablir l'unité nationale. Mais êtes-vous prêt à utiliser les moyens adéquats ? Pensez à comment les rois catholiques des "Espagnes" du XVème siècle rétablissent l'unité de foi.

b) déjà répondu : les élites veulent être élites, quoi de plus logique ?

c) Le gouffre entre les générations vient du mouvement dans lequel on est empêtré. Nous. n'avons pas d'orthodoxie. Considérez qu'il naît à chaque génération un parti différent, qui concilie les contraires : liberté, et égalité, différemment. Le premier schisme a été entre les libéraux et les socialistes au XIXème sur la question économique. Le terme libéral a alors une première fois changé de sens : cela ne signifiait plus Montesquieu, Locke, Voltaire ; mais Smith, Ricardo, Mill, ou Say, Bastiat pour la France... Je vous avoue que la question économique n'a jamais été ma priorité.

d-
La fracture entre France des grandes métropoles et France périphérique découle directement de l'économie d'aujourd'hui. Il y a une France bien intégrée à la mondialisation, et une autre qui ne l'est pas.
Lorsque la cité en matière d'économie est le monde, tout pays devient une province. Or, dans une conception pareille de l'économie, il ne peut que naître une nouvelle plèbe. Comment bâtir une cité où chacun travaille si notre agriculture et notre industrie périclitent à cause de la concurrence internationale ? Comment faire en sorte que chacun puisse gagner son pain, si la productivité est au plafond et ne cesse d'augmenter ? En fait, dès le berceau, dès l'école, une partie de la population est condamnée, aujourd'hui.

Toutefois, si nous ne sommes pas tous travailleurs, nous sommes tous consommateurs ; et plus ou moins bénéficiaires à cet égard, même certains pauvres. Le parachute social sert aussi les plus libéraux : je les soupçonne de vouloir distribuer juste suffisamment pour éviter les révoltes du pain : votre revenu universel ? N'est-il pas souvent question de revenu universel, comme indemnité pour tous, et qui servirait à bien liquider le "socialisme" français ? Je me fais peut-être conspirationniste, qui sait : le panier de pain distribué par l'Etat plutôt que le patricien, et les jeux pour pauvres, et loisirs pour riches ? A cet égard, il faudrait comparer notre cité qui passe son temps à construire des théâtres ou stades, organiser des événements sportifs, et promouvoir l'industrie du divertissement : cinéma, musée, télévision, et autres loisirs : les parcs d'attraction... à la Rome des premiers siècles. Le problème comme dit précédemment n'est pas le divertissement, mais plutôt de savoir s'il fait déchoir, ou s'il vous endort...

Revenir en arrière, ce serait une économie nationale, pas une économie qui laisse une partie des français sur la touche. Mais cela implique clairement décroissance, et une vie plus modeste pour tous. Qui est prêt à l'accepter ? Personne.

e- La philia n'est pas perdue à cause de la modernité, mais parce que nous aimons les causes des maux de notre société. L'unité ne peut se faire qu'autour d'une orthodoxie claire et définie. Comment voulez – vous qu'il y ait philia si chacun a sa doctrine ?

Quand on n'a pas une orthodoxie qui est fondement, et inonde toute la société, il ne peut qu'y avoir division ; et cette dernière s'accroît à chaque génération comme dit précédemment. Les occidentaux sont élevés dans le déni de la réalité. L'homme souhaite l'unité, pas que chacun ait ses opinions : comment êtes vous traité lorsque vous êtes hétérodoxe dans un groupe ? Comme un paria. La tolérance est un principe de destruction comme dit dans un précédent post. La tolérance, cela va avec votre démocratie, pour un peuples d'hommes-dieux qui sont tous aussi parfaits que Jésus.

J'affirme que les adversaires ne peuvent s'unir que s'ils ont un ennemi commun, mais juste le temps de le détruire. Le seul bienfait : cela fait toujours un ennemi de moins. Que se passe-t-il ensuite ?

Je ne suis pas un grand connaisseur des USA. Mais si je me souviens bien, il s'agit d'une société de sociétés : d'un Etat fédéral avec parlement bicaméral et président ; composé d'Etats fédérés avec des parlements bicaméraux et un gouverneur. Il y a deux niveaux d'institutions similaires, non ? Ils sont certes étasuniens, mais aussi californiens ou texans... Il faudrait donc étudier chacune de ces sociétés particulières composées que d'individus isolés...

De toute façon, les étasuniens ne sont pas les français : ils n'ont pas forcément la même mentalité ; les mêmes traditions ou coutumes en matière politique, économique … ; la même histoire. Je vous rappelle Montesquieu : les lois sont certes relatives au bien, mais aussi aux populations, à la religion ou aux « idéologies » acceptées., et à divers autres facteurs. Le politique gouverne des hommes, pas L'Homme.

6– Non. Absolu signifie simplement délié des lois : au – dessus des lois, mais aussi en dessous de l'orthodoxie qui irrigue ces mêmes lois, et des lois fondamentales. Le premier rôle du roi, c'est de garder l'unité de foi de son royaume. Évidemment, s'il ne le fait pas, la société éclate.

S'il fallait rétablir la société aujourd'hui, ce serait autour d'une idée, même une idole comme la nation, avec chaque personne se faisant à peu près la même idée de cette nation, et une bonne chasse à l'hétérodoxe.



Les divisions dont vous parlez concernent l'Eglise, comme empire. Elle comptait sur chaque souverain temporel pour garder son orthodoxie. Comment aurait-elle pu faire autrement sans devenir un Etat couvrant toute l'Europe ? L'idée n'est pas de réunir tous les chrétiens sous le joug d'une même autorité administrative. Le choix n'existe qu'entre une société internationale limitée, un énorme despotisme oriental, et une anarchie de nations ou de cités qui s'organisent en alliances concurrentes.

Vous parlez des excommunications, mais ces dernières frappent la personne du roi. Même en la déclarant indigne, elle ne dépossède pas un roi. C'est une autorité qui ne s'exerçait qu'en matière de foi et de mœurs : le pape ne se souciait pas de l'administration des royaumes, ni de leur organisation. C'est si terrible que cela de voir un pape condamner la bigamie/polygamie d'un roi chrétien en sa qualité de premier pasteur et docteur de l'Eglise ? Vous préférez l'adultère généralisé, le divorce qui ont détruit le mariage et permis la dissolution des familles ? Les familles mutilées d'aujourd'hui et leurs conséquences ?

Préférez-vous nos institutions internationales qui jugent les nations ? Le pape s'est-il déjà permis d'interdire la guerre, ou de la limiter à la guerre défensive, alors qu'il s'agit d'une prérogative royale par excellence ? A moins que vous préfériez les complots menés par les occidentaux contre la Syrie, la Libye ? le crime d'agression ne concerne que certains justiciables visiblement.

Quant au partage du nouveau monde à Tordesillas en 1494, peut-être auriez vous préféré qu'espagnols et portugais se livrent une guerre sans merci dans toutes leurs possessions ? Les espagnols et portugais n'avaient pas besoin de l'assentiment du pape pour conquérir. Lui reprochez - vous de pouvoir être un médiateur efficace entre rois catholiques ?

Décidez - vous, lorsque le pape limite le pouvoir des rois, il est injuste ; et lorsqu'il laisse agir, ou qu'il ne peut rien, il est injuste aussi. L'Eglise ne peut devenir l'ordre international. Mais les libéraux le peuvent ? Les libéraux peuvent réfléchir à des lois internationales, pas l'Eglise ? Comment édifier un ordre international sans impérialisme ?

S'interroger sur les actes de l'Eglise est parfaitement légitime, comme on le ferait pour n'importe quelle autre civilisation, pas plus, pas moins. Face à l'esprit voltairien, je peux m'improviser apologiste/apologète : le tout serait d'examiner dans quelle mesure ce point 7) est vrai.

  • J'approuve l'idée que l'homme moderne surestime sa rationalité, et contrairement à vous je pense que cette règle ne souffre aucune exception : les êtres les plus rationnels demeurent les jouets de leurs croyances et de leur égo. D'ailleurs l'idée que certains puissent y échapper par l'éducation me semble typiquement moderne.

  • Je ne vois pas comment on pourrait soutenir que la philosophie médiévale serait supérieure à la philosophie moderne ! Comment prétendre que Kant serait un recul ? Ou alors vous vous êtes laissé aller à confondre moderne et contemporain.

  • En termes économiques notre société a en fait rarement été aussi égale, bien plus qu'il y a un siècle ou qu'au Moyen-Âge. En fait plus des neuf dixièmes d'entre nous ont des conditions de vie remarquablement proches : certains ont du superflu, d'autres sont ravagés par l'angoisse de la survie, mais tous ont des logements spacieux et chauffés, de la viande quotidienne, et des ordinateurs dans la poche.

  • L'argument de compétence des élites ne résiste pas à la réalité. Si l'on en veut des preuves empiriques il suffit d'examiner l'irrationnalité des décisions majeures prises depuis des décennies ou la bérézina du covid-19.

    Et c'est tout à fait compréhensible : quel homme aujourd'hui pourrait prétendre détenir plus qu'une parcelle du savoir nécessaire ? Certainement pas nos élites, presque exclusivement constituées de spécialistes du droit administatif (la vocation de l'ENA est de former des contrôleurs de la loi).

    Or c'est là que votre proposition de cultiver une élite visionnaire par une formation exigeante achoppe : tout gouvernant doit s'appuyer sur une expertise diversifiée hors de son propre champ de compétences. Malheureusement la réalité du pouvoir est qu'il faut prendre des décisions hâtives et que l'on s'appuie sur des hommes de confiance : amis et hommes de partis, membres de la chambre d'échos habituelle.

    Une gouvernance moderne devrait au contraire s'appuyer sur une procédure consultative rigoureuse, bien plus que sur une vaine prétention de surhumanité.

    Et c'est pourquoi mes assemblées éphémères auraient bien plus de chances de produire des décisions informées et rationnelles : par la réelle diversité des profils rassemblés, par l'unicité de cette expérience (on n'examinerait au mieux qu'une seule question dans notre vie), gage de temps disponible et de désir de bien faire, et par l'existence d'une procédure instituée de consultation d'experts.

    Enfin ne voyez-vous pas le paradoxe à rappeler dans un paragraphe que la politique ne peut se résumer à l'expertise de par l'existence de choix politiques, et dans l'autre à réclamer que l'on s'appuie sur des élites dont les intérêts ne peuvent rien avoir en commun avec ceux de leur peuple ?

  • Vous plaidez pour un système tamisant le bon grain de l'ivraie par la constitution de dynasties familiales au cours des siècles. Mais voyez plutôt la réalité : le fondateur bâtit, les suivants dillapident en jouissant de leurs rentes.

  • Je ne reproche pas à la République d'avoir une élite, je reproche à cette dernière d'avoir trahi : l'immigration de masse est son Varennes. Et puisqu'ils sont nos ennemis ils ne peuvent plus prétendre à nous gouverner. Or puisque toute élite trahira à son tour (un roi peut être fidèle à sa terre ou à sa religion, pas à son peuple), il faut retirer tout pouvoir politique aux élites.

  • a) Immigration : J'ai déclaré soutenir la décolonisation : les implications me semblent évidentes. Quant aux "cosmopolites" j'y vois la main d'un fanatisme idéologique qu'il faudra corriger par une bonne purge médiatique, par une réinformation en bonne et due forme, et en fournissant aux Français d'autres modèles d'excellence que la haine de la France.

    b) Nouvelles idéologies : bien sûr que l'homme veut naturellement être meilleur que son voisin, mais la voie qu'il emprunte pour cela est culturelle. Aujourd'hui on témoigne de sa supériorité en professant la haine de la France et l'amour du colonisateur. On peut introniser d'autres voies vers l'excellence.

    c) Conflit générationnel : vous ne pouvez pas avoir une idéologie immuable dans un monde en changement radical pour des raisons matérielles. Mais encore une fois ces changements matériels finiront par ralentir.

    d) Ségrégation géographique : vous n'y voyez qu'une disparité économique alors que le problème est plutôt que la concentration au même endroit de personnes identiques engendre de nouvelles normes culturelles et que certains sont isolés de l'immigration.

    La mondialisation et le chômage ne sont donc qu'anecdotiques : il n'y a pas de gouffre économique profond entre Paris et province même s'il y a des divergences d'intérêts. S'il y a gouffre écoomique il est plutôt entre bénéficiaires et perdants du corporatisme (fonctionnaires contre secteur privé) et retraités entre actifs.

    Mais encore une fois ces conditions chaneront : les professions intellectuelles sont appelées à être elles aussi évincées des villes et confrontées aux mêmes réalités, et les bureaucrates seront demain moins nombreux. De la même façon que demain la mondialisation reculera sans pour autant qu'il y ait appauvrissement, à mesure que le progrès rendra les effets d'échelle moins essentiels.

    e) Ségrégation culturelle : vous parlez de doctrine au singulier mais l'homme n'est pas un être unidimensionnel : peu importent les niches qui sont les nôtres tant qu'il existe un commun pour nous rassembler. Il est impossible de lutter contre la diversité culturelle dans une société opulente, en revanche on peut imposer un commun par le contrôle des médias. Canaliser plutôt que contrôler.

  • Vous semblez nier la capacité des USA à fédérer par l'idée de suprématie qu'ils véhiculent, pour l'attribuer à un essentialisme américain, celui d'une société de sociétés. Je crois que c'est une erreur et je pense que l'affaiblissement des USA causera leur partition, à moins d'un ennemi pour les fédérer.

  • Vous plaidez pour un absolu imposé par un tyran sanguinaire contre la réalité matérielle. Un tel modèle n'a jamais pu perdurer et je ne crois pas que cela puisse être, ni que ce soit nécessaire pour éviter la colonisation afro-arabe, ni désirable. Je suis surtout convaincu que tout absolu finit par engendrer des divisions absolues.

  • Vous limitez les excommunications à des cas de moeurs, mais l'Eglise se mêla également des revendications territoriales, des traités de paix, et je garde en mémoire qu'elle exclua la France du partage des colonies. Cela ne me semble pas moins invasif que l'UE.

    Mon modèle de prédilection est évidemment celui de nations souveraines et concurrentes. Nous n'avons pas besoin de pouvoirs au-dessus des nations, ce qui veut dire dans mon idéal de pouvoir au-dessus des peuples. A fortiori d'une église catholique devenu église américaine de par le nombre de ses fidèles.

J'ai vraiment l'impression que vous ne comprenez pas la moitié de ce que vous lisez.

Il y a une différence entre établir des constats étayés par l'histoire et la philosophie, sur la politique, et notre société, et proposer des solutions. Au contraire, je vous ai même expliqué, qu'à part un miracle pour changer de société, je ne vois pas d'issue : comment imaginer autre chose dès lors que nous aimons les causes des maux que nous déplorons ?

Mais il est aussi fortement possible, que je ne sois pas assez intelligent pour envisager les solutions... Je sais bien que l'art est plus difficile que la critique.

Je répondrai quand même, plus tard.

    J'abandonne la partie philosophique. De toute façon, je pense que vous n'y comprenez pas grand chose depuis le début. Je commence par votre troisième point.

    1- Deux erreurs : 1) mauvaise interprétation du phénomène ; 2) vous péchez par abstraction. Les riches d'aujourd'hui sont plus puissants qu'ils ne l'ont jamais été été. Ce sont des oligarques au niveau mondial. On est loin même de la finance médiévale : des banquiers de Florence qui prêtaient de l'argent à Edouard III, ou des Fugger pendant l'élection de Charles Quint. On parle de gens qui se soustraient facilement aux lois et à l'impôt...

    Même en admettant que nous disposions tous d'un certain confort et que cela serait une égalité par le haut, il est facile de répondre que le riche de la société d'ancien régime vit alors avec certaines incommodités, et qu'il y a égalité par le bas... C'est un argument complètement spécieux, qui vous conduit à une distorsion totale de la réalité.

    2- Juge-t-on d'une aristocratie à partir de sa forme dégénérée l'oligarchie ? Nous ne cessons de parler d'élite, mais encore faudrait – il s'accorder sur le terme : parle -t-on des politiques ou de l'élite économique ? Les politiques ne font pas partie de cette dernière en général. Le politique aujourd'hui souhaite faire carrière, acquérir une renommée, ou la richesse. Au mieux, c'est un factieux qui sert la cause européenne plutôt que sa patrie. Mais comment espérer autre chose que des Rastignac, lorsque le modèle est de se réaliser, se faire par l'ambition ? Quand on apprend à se servir, on ne sert pas.

    L'oligarque ne cherche qu'à accroître ses biens, sa richesse, et dispose de l'influence et de la puissance nécessaires à ce but. Il ne sert que lui également.

    Mais tout ceci n'est pas une fatalité : c'était le sens de mon argumentation. Evidemment, si l'élite ne trouve aucune place, aucune source de satisfaction, elle ne risque pas de servir. Vous aspirez à un régime sans élite, comme si c'était possible et souhaitable, sans jamais comprendre qu'en niant les élites, en ne leur attribuant aucune tâche ou fonction, elles ne peuvent que devenir ce qu'elles sont aujourd'hui.

    Même si l'on considère la formation des élites, elles ont largement plus de compétences que vos grands copains du peuple. Vous aspirez à régner à partir des deux ou trois notions de politique dont vous disposez, sans voir à quel point c'est présomptueux.

    Une dernière remarque sur ce point : il nous manque un ou plusieurs hommes disposant de la technique politique, car ayant été instruits pour gouverner : un ou des hommes qui sauraient avoir une vision juste de l'homme et de la cité, et utiliser les hommes compétents dont nous disposons, qui sauraient les inciter à servir, en échange des honneurs, de récompenses.

    Mais comme je le disais, nous aimons les causes des maux que nous déplorons, alors disons que c'est à peu près inutile d'envisager des solutions, même une fois les constats faits ; parce que dans notre société, comme à Sodome ou Gomorrhe, il ne reste pas même cinq justes, qu'aucun homme n'est capable d'accepter sa place : vous en êtes la preuve avec votre projet de démocratie en cabinet, sans jamais d'ailleurs consulter la philosophie politique sur la question. Vous n'avez pas répondu à une seule de mes objections sur le sujet.

    3- Non seulement il va falloir que vous fassiez un peu plus d'histoire, mais que vous réfléchissiez aux postulats de départ admis quand vous en faites. Attention aux pétitions de principes. C'est certain que lorsque l'on admet en axiome, que toute élite trahit nécessairement, on ne trouve jamais que des coquins dans toute l'histoire.

    4- Comment auraient-ils pu faire autre chose que de se servir, dans un régime qui ne leur laisse aucune place ?

    5-

    a- Il ne suffit pas d'avoir des positions : il faut établir des constats étayés à partir de connaissances. Voilà pourquoi je vous ai suggéré le cas espagnol. On ne rétablira pas l'unité aussi facilement que vous le croyez. Les cosmopolites regardent le monde, pas la France. On ne revient pas à un modèle national en trois mesurettes : c'est tout un changement de société qu'il faudrait prévoir...

    b- Vous voulez de l'excellence sans élite ? L'homme doit donc se distinguer par son travail, mériter sans rien obtenir en retour ? Vous déraisonnez, cher ami.

    c- Le monde a toujours été en mouvement, en changement. Cela ne date pas d'aujourd'hui. La question, est comment on affronte le changement, comment on réalise et on conserve l'unité de la cité : celle que j'ai posée précédemment.

    d- La mondialisation est anecdotique dans le monde d'aujourd'hui alors qu'elle provoque une économie d'archipel au milieu d'un vaste océan de plus en plus désolé ? Le chômage est anecdotique alors que notre industrie et notre agriculture périclitent à cause de la concurrence européenne, et internationale ? L'économie n'est certes pas ma spécialité, mais ce que vous me vendez est contraire à toute réalité... Argumenter plus ne servirait à rien, tant vous ignorez chaque fois ce que je vous dis. Il y a les gagnants et les perdants de l'économie du monde, ceux qui y sont intégrés, et ceux qui ne le sont pas : les premiers ont une vie agréable, les seconds sont amenés à souffrir de plus en plus.

    e- Face à une argumentation étayée, vous ne produisez que des affirmations. Je suis censé à chaque fois reprendre depuis le début ?

    6- A la rigueur, peu importe la position défendue, essayez juste de la prouver, au moins de l'étayer. Connaissez - vous au moins en détail la société américaine, quelques Etats fédérés ?

    7- Je ne plaide pas pour un tyran : les nuances et vous, cela fait vraiment deux. La question n'était pas ce que je choisis, mais ce qui pourrait éventuellement arriver. Mais si vraiment le choix se résumait à la tyrannie ou à votre démocratie, je choisis en désespoir de cause la première solution, parce que c'est tout de même la moins mauvaise possibilité. Considérer la réalité, c'est souvent cela : choisir la meilleure solution qui se présente, même lorsqu'elle est terrible.

    8- Pour bien répondre, il faudrait examiner les rapports entre autorité civile et autorité religieuse dans la civilisation chrétienne : prééminence en matière de foi et moeurs au pape en vertu de sa qualité de souverain de la société religieuse chrétienne ; et soumission de chaque roi à l'orthodoxie chrétienne en matière civile. On aboutit à une société des Etats chrétiens qui reconnaissent pour fondement : la doctrine de l'Eglise, et comme première autorité en cette matière : le pape, son souverain. ==> Une société internationale limitée.

    On en revient au choix précédent : une société internationale limitée, un énorme despotisme oriental, ou une anarchie de nations ou de cités qui s'organisent en alliances concurrentes. Maintenant que vous avez choisi, êtes - vous certain de l'avoir fait en connaissance de cause ? En mesurez-vous toutes les conséquences ? Y avez-vous vraiment réfléchi ?

      • [supprimé]

      af90 J'abandonne la partie philosophique. De toute façon, je pense que vous n'y comprenez pas grand chose depuis le début

      J'ai toujours adoré ce mec.

      • af90 a répondu à ça.

        af90

        Il y a une différence entre établir des constats étayés par l'histoire et la philosophie, sur la politique, et notre société, et proposer des solutions. Au contraire, je vous ai même expliqué, qu'à part un miracle pour changer de société, je ne vois pas d'issue : comment imaginer autre chose dès lors que nous aimons les causes des maux que nous déplorons ?

        Je pense au contraire avoir bien compris vos hésitations face à ces paradoxes ; toutefois la frontière entre les deux attitudes est toujours plus floue que nous aimons à le croire.

        De toute façon, je pense que vous n'y comprenez pas grand chose depuis le début.

        Je pense bien comprendre le platonicisme et le guénonisme qui teignent votre pensée mais je n'en partage ni les prémisses ni les conclusions.

        Pour le reste vous avez répondu en même temps que je postais ce message, je poursuivrai plus tard.

        • af90 a répondu à ça.

          af90 Le fruit de ma bêtise

          J'espère que tu l'as brevetée, Sibeth pourrait te faire un procès, je signale à sarkonaute

          le produit de ma bêtise, cette dernière comme cause, vous comprenez ?

          france2100
          Je ne peux qu'utiliser Guénon avec parcimonie : toute la partie sur les doctrines hindoues de sa pensée, m'est inaccessible. Quant à Platon, je m'y réfère comme à d'autres quand j'estime qu'ils disent la vérité. Dans l'esprit, je suis bien plus proche de l'homme que j'ai choisi comme avatar : Donoso Cortes, même s'il n'est évidemment pas l'équivalent d'un Platon, Aristote, Saint Augustin...

          af90

          • Jusqu'à il y a peu nous avions un débat serein. Soudain vous m'accusez de ne rien comprendre, de ne lire que la moitié, d'ignorer la philosophie politique (argument d'autorité intenable au vu des contradictions entre auteurs), et de ne produire que des "affirmations" et non des "argumentations".

            Toutes ces accusations sont injustes et ne produiront pas un débat de qualité. Vous devez cessez de considérer tout désaccord comme une insuffisance de ma part, et tout quiproquo comme évitable et imputable à une faute unilatérale de ma part.

          • Mon attaque contre les élites concerne essentiellement ceux qui fabriquent le bien, le beau, le vrai et la loi. Autrement dit cinquante mille parisiens qui sont politiciens, journalistes, universitaires, médiatiques, juges, etc.

            De plus ce n'est pas l'existence d'une hiérarchie sociale et d'une grille d'excellence que je mets en cause, c'est le fait qu'ils détiennent tant de pouvoir et produisent une hétéronomie qui m'insupporte.

            Mon objectif est que la loi, le bien, le beau et le vrai défendus par la nation coïncident avec ceux du peuple français, et que sa direction soit conforme à ses intérêts. En particulier je ne peux accepter la subordination à une élite dont la religion leur impose de remplacer la France par un pays afro-arabo-musulman.

            A contrario je me soucie peu des riches : ils tendent à s'occuper de leurs petites affaires et interviennent peu dans les nôtres, à quelques exceptions. Ce sont des opportunistes égoïstes avec une vision court-termiste, pas des idéologues. Même sur des sujets comme la perte de souveraineté des nations on trouve peu ou pas de patrons. Et puis d'ailleurs richesse et pouvoir sont deux choses différentes.

          • Vous aviez mentionné les inégalités à propos de la représentativité démocratique. Dès lors les inégalités entre citoyens ordinaires et très riches sont non-pertinentes.

            Accessoirement malgré la mondialisation la richesse fut en réalité davantage concentrée à d'autres époques, et la richesse actuelle de nos milliardaires est en bonne partie un trompe l'oeil lié à l'inflation monétaire (triplement des prix en trente ans à possessions matérielles constantes).

            Enfin les inégalités ne me dérangent pas en elles-mêmes : je ne cherche à les corriger que lorsque cela permet de réduire les difficultés économiques des plus pauvres, or cette solution n'est pas nécessairement efficace ou nécessaire.

          • Je postule que les élites trahiront toujours car leurs intérêts, positions sociales et points de vue ne sont pas ceux du peuple. Et parce que leur soif de grandeur les empêchera de se satisfaire de la tête de la France alors qu'ils se compareront à leurs homologues chinois ou américains.

            Dans un système mondial on ne peut amener les élites à se satisfaire de diriger la France, pas dans le contexte actuel. Aucun absolu ne le permettra : elles se compareront toujours et voudront toujours plus : elles voudront une union de plusieurs milliards de consommateurs.

            Car là où vous voyez dans l'ambition une tare de notre époque, j'y vois la plus vieille histoire du monde : nos rois de France ne convoitaient-ils pas les terres de leurs voisins ? N'ambitionnaient-ils pas de régner sur l'Europe et puis sur le Monde ? Pourquoi croyez-vous donc que Rome ait conquis tout le pourtour Méditérranéen ? La volonté de puissance est aussi vieille que l'être humain.

          • Vous me reprochez de ne pas tenir compte de vos arguments contre la démocratie. Pourtant j'ai répondu à vos arguments sur la compétence des élites, sur le temps nécessaire à l'exercice du pouvoir (mes assemblées sont très éphémères et spécialisée, et non pas des mandats pluriannuels), sur l'hétérogénéité (qui fragilise autant la légitimité du peuple que celle des élites), sur l'illusion des dynasties familiales. Si j'en avais oublié un seul, nommez-le et j'y répondrai.

          • Vous complétez l'argument de la compétence en affirmant cette fois que les élites demeurent malgré tout plus compétentes.

            D'abord que veut dire être plus compétent ici ? On parle de compétence dans une direction particulière, le droit administratif, à l'heure où il faudrait être compétent dans plus de domaines qu'aucun homme ne peut en maîtriser. Or le droit adminstratif serait-il si essentiel pour débattre des normes du BTP ou des questions de défense ? J'en doute. Des élites formées avec Platon et Thomas d'Aquin s'en sortiraient-elles mieux ? Allons !

            Je réitère donc qu'il est vain de croire que l'on puisse aujourd'hui former des gouvernants à décider et que c'est bien plus sur le processus consultatif des experts, et plus largement le processus de formation des lois, qu'il nous faut porter notre attention. Et je réitère qu'une assemblée diverse sera bien plus compétente dans cet exercice qu'une assemblée de techniciens du droit.

            Mais imaginons pour l'exercice une assemblée de surhommes venus de tous horizons, réunissant ensemble toutes les compétences nécessaires. Pour autant je préférerais une assemblée tirée au sort car jamais ce surcroît de compétence n'effacerait les divergences d'intérêts : mieux vaudrait encore être gouverné par des idiots loyaux que par des ennemis extraordinairement compétents.

            Enfin, peut-être notre divergence repose t-elle sur nos appréciations respectives de la compétence des uns et des autres. Pour ma part j'ai toujours trouvé les cercles élitaires décevants et les cercles populaires souvent plus lucides.

          • Je n'ai jamais affirmé que la décolonisation serait simple ni qu'elle ressoudrait la société française. Au contraire elle supprimera certains clivages pour en attiser d'autres, entraînant une partie de la gauche à se radicaliser dans la francophobie, ce qui laissera des séquelles sur plusieurs siècles. Je dis simplement que c'est absoluement nécessaire.

            D'ailleurs je n'ignore pas que l'Espagne resta longtemps divisée après l'expulsion et l'inquisition, en grande partie car elle échoua à expulser proprement du fait des siècles écoulés depuis la conquête musulmans et des tentatives assimiliationnistes mises en oeuvre avant cela.

          • J'avais expliqué pourquoi un absolu risquait de diviser la société face au changement, à mesure que grandira le gouffre entre cet absolu et les nouvelles attentes de l'époque issues des nouvelles conditions matérielles. Je ne crois pas que vous ayez répondu à cet argument.

          • La mondialisation est essentielle en ce qu'elle sape la souveraineté des nations et amène nos élites à vouloir s'élever à hauteur du monde. Encore qu'elle n'est pas strictement économique : elle résulte en partie de choix idéologiques car une autre mondialisation que celle du GATT eût été possible, plus respectueuse de la souveraineté des nations.

            En revanche, non, le chômage et les divergences économiques entre hyper-centres et périphéries ne sont pas des facteurs importants de divisions parce que malgré les difficultés la province est loin d'être sinistrée.

            Et quand on prend le temps d'écouter les électeurs du RN et les abstentionnistes, ce ne sont pas des revendications économiques qui sont mises en avant. Même s'il y a dans la tertiarisation de l'économie un sentiment d'abandon vis-à-vis de la province et des hommes. Aujourd'hui ceux qui parlent le plus d'économie sont les déclassés des hyper-centres, qui fréquentent au quotidien une richesse qu'ils jalousent mais dont ils partagent les idées sociétales.

            Le dogme du primat de l'économie est une vision gauchiste : "le problème n'est pas l'immigration mais l'économie et le manque d'éducation, donc poursuivons l'immigration et donnons un revenu universel aux prolos".

          • Vous me reprochez de ne pas argumenter l'idée que les divergences culturelles seraient inévitables dans une société opulente, mais je l'avais déjà fait : c'est une conséquence du temps libre.

            Demain les gens travailleront dix heures par semaine. Pensez-vous vraiment qu'on puisse les convaincre de passer leur vie à l'église ? Ou qu'en leur imposant une chaîne unique ils la regarderont toute la journée ?

            Un être humain innocupé est un être qui réfléchit, qui crée, qui s'interroge sur lui-même et ses désirs, et donc qui se singularise. L'individualisme n'est pas un dogme arbitraire, un accident de l'histoire, mais une conséquence de la technique (même si l'urbanisation y joue sans doute un plus grand rôle que le temps libre).

          • Je ne peux pas davantage démontrer ma conviction à propos des USA que vous ne pouvez démontrer la vôtre. Nous ne pouvons que constater la divergence de nos croyances à ce sujet et attendre que l'Histoire nous révèle lequel de nous deux a raison.

          • Oui, je suis certain de choisir des nations souveraines et concurrentes plutôt qu'une autorité internationale limitée malgré les désastres que cela impliquera.

            Parce qu'une autorité internationale limitée ne se satisfera jamais de ses limites : le propre du pouvoir est de toujours s'étendre, et à notre époque un pouvoir international a bien trop de moyens de le faire. Tant du fait de la technique (médias de masse et communications) que du fait que les élites ne se satisfont plus du carcan national.

          • af90 a répondu à ça.

            Je reprendrai quelques thèmes plus tard. Cela risque d'être long.

            Libération va devenir une société à but non lucratif.

            Cette nouvelle structure, inédite pour un quotidien en France, s'inspire de celle employée par Mediapart et The Guardian.

            « Libération » se transforme en société à but non lucratif

            C'est un dispositif inédit pour un quotidien en France : Altice France se sépare de Libération pour le transférer dans une société à but non lucratif. Le groupe s'engage également à éponger les dettes du journal, selon un courriel envoyé en interne et consulté par l'Agence France-Presse. «  Cette nouvelle structure garantit à Libération sa totale indépendance éditoriale, économique et financière. » Elle sera «  présentée aux instances représentatives du personnel  » et déclenchera l'ouverture de la clause de cession, précise le document. «  Les droits actuels de la rédaction seront intégralement maintenus et garantis  », ajoute le texte. Libération compte 200 salariés.

            Concrètement, Altice France (également propriétaire de BFM TV, RMC et SFR) va créer un «  Fonds de dotation pour une presse indépendante  », qui acquerra, via une filiale (Presse indépendante SAS), le journal, sa régie et sa société de développement technologique. Ce dispositif s'inspire de celui adopté par Mediapart en 2019, lui-même imaginé à partir du modèle unique au monde du «  Scott Trust  », qui protège depuis les années 1930 le quotidien britannique The Guardian.

            Entre 45 et 50 millions d'euros de dettes

            Aux journalopes qui racanaient sur Trump est sa hydoxychloroquine.

            france2100
            Je commencerai par critiquer votre raisonnement, et certains des postulats induits.

            1- Qui veut défendre un avis doit d'abord étudier, croire contre savoir.

            Qu'est-ce que l'opinion ? Un moyen terme entre le savoir et l'ignorance. L'opinion se forme chez l'homme à partir de son expérience, sa vie au quotidien : elle est particulière, déterminée, singulière. Elle se distingue du savoir qui est connaissance de la vérité : de l'universel.* La conviction n'est soit qu'une opinion, soit qu'une vérité trouvée, renforcée dans les deux cas par le sentiment. Tel homme aime cette opinion, ou cette vérité.

            Je ne vous reproche pas d'avoir des opinions, mais de vous décider avant de les avoir confrontées à l'étude, en l’occurrence de la philosophie politique dans le cas de votre démocratie. Comment concilier démocratie et richesse, grand pays, grand nombre de citoyens ? Des citoyens très peu instruits, sans expérience de la plupart des problèmes rencontrés et assemblée ? Voulez -vous livrer notre pays à l'ignorance ? Egalité des conditions et richesse ? Gouvernement et assemblée ? Obéissance, et un citoyen qui se veut maître autant que sujet ?

            De même lorsque vous parlez des USA, à aucun moment, je ne donne un avis sur la société américaine. Je me contente simplement de rappeler quelques faits connus, et de dire que je n'en sais pas plus. Je vous renvoie alors sur la question à l'étude des Etats-Unis tout simplement.

            *Je ne reviens pas sur la formation de la science ou savoir qui se fait par recherche de la vérité à partir de la comparaison entre les diverses expériences : comment de la comparaison des particuliers, l'on tire l'universel.

            2- Vous ne connaissez pas les paralogismes.

            Je mets en doute votre faculté critique face aux sciences humaines que vous étudiez. On juge à partir de ce que l'on connaît : aujourd'hui, nous n'étudions plus la logique, le raisonnement. De plus, comme en géométrie, cohérence et vérité ne font qu'un, nous imaginons que tout raisonnement logique est vrai, comme c'est le cas pour les objets mathématiques. Nous prenons le moyen pour la fin : la conformité entre l'axiome et les conclusions, comme vraie, en oubliant qu'en géométrie, le principe que l'on postule est vrai, car ses effets jusque-là sont vrais.

            Vos modèles, comme celui sur la richesse, après celui sur le bonheur, ne sont jamais que de mauvaises abstractions : un facteur est tirée de la réalité comme ensemble, pris comme hypothèse, et l'on en tire toutes les conclusions possibles. Cette réalité est réduite à bien peu de chose. On le voit aux mauvaises conclusions que l'on en tire.

            Si l'on doit étudier la réalité suivante : la puissance du riche. Il faut traiter de ce riche dans la société donnée en analysant les facteurs de puissance, dont la richesse fait partie tout comme les relations, la renommée... Mais aussi les résistances que la société lui oppose. Cela ne se réduit donc pas à démontrer que le riche d'aujourd'hui est relativement plus riche ou non que ses prédécesseurs.

            Je constate que l'oligarque aujourd'hui se soustrait facilement à l'impôt, aux lois ; qu'il peut tordre le bras des politiques, s'organiser facilement en lobbies, traverser le monde et nouer contact avec ses rivaux ou collègues selon l'affaire facilement, transférer facilement son argent, acheter des médias et disposer d'un pouvoir d'influence très conséquent sur l'opinion, ou au moins exercer une censure non affichée... Il est un homme du monde, cosmopolite, au – dessus des Etats, car le monde est devenu bien petit : transport, communication, échanges immatériels, informatique... C'est une réalité autre que les Fugger qui pourtant étaient en mesure de financer l'élection impériale de Charles Quint, donc étaient déjà puissants.

            3- Destin et liberté humaine.

            Vous êtes soumis à l'idée d'un destin qui ne laisse place à la liberté humaine : nécessité fait loi. L'histoire a été celle-ci et n'aurait pu être autre, justement car elle a été ainsi. A l'échelle de l'homme, il ne peut que succomber à ses passions, non parce qu'il se fait une fausse conception de lui – même, et est donc très ignorant comme chez moi, mais parce qu'il n'y a pas d'autre alternative. Il est aussi condamné à subir le monde et ses changements, envisagé comme une histoire qui tend vers une fin inéluctable.

            L'action de l'homme se réduit alors à faire de nécessité vertu: s'adapter, le maître mot de notre époque, parce qu'il n'y aurait d'autre choix, parce qu'il ne peut rien d'autre. A l'échelle de l'homme, c'est être honnête avec soi – même, ce qui ne revient jamais qu'à accepter sa médiocrité, même à la présenter comme une force. A l'échelle politique, c'est se soumettre aux opinions du temps, à la réalité comme si elle ne pouvait changer. Par le destin on finit asservi au monde, aux opinions du temps, au pire des maîtres, l' homme et à ses idoles : l'Histoire avec la majuscule est l'une d'elle.

            S'il y a peu de chances de redressement, selon moi, ce n'est pas par pure fatalité : elle ne devient telle que si l'homme sombre dans la bêtise ou la malice. C'est articuler les idées de destin et de liberté humaine : cela signifie que nous pourrions échapper à notre destin, à notre triste sort, à condition juste qu'un ou plusieurs hommes portant le bon diagnostic émergent et montrent la voie. C'est un faible espoir, mais un espoir quand même.

            « Toute vérité politique se convertit en vérité théologique » disait Donoso Cortes : le résumé ce troisième point.

            4- Volonté de puissance : l'homme réduit à une seule concupiscence

            La volonté de puissance est une réduction de l'homme à une seule passion, la pire probablement :l'orgueil née du désir de dominer. C'est ignorer les autres passions qui naissent des différents désirs: de la libido sentiendi peut naître l'excès de satisfaction des sens  de l'oeil ; et de la libido sciendi, l'excès du désir de connaissance. C'est réduire l'homme à sa forme timocratique.**

            Mais, si ce portrait colle bien à certains oligarques qui envisagent la vie, la lutte entre les entreprises et les rapports au sein de leur entreprise comme un darwinisme, les Jack Welch, je n'oublie pas contrairement à vous que c'est grandement simplifier la réalité.

            Ces hommes ne sont pas tous des lions : ceux qui réussissent le plus le sont, et l'on ne tend qu'à considérer ces derniers. Ma cité tente de les faire servir car ils sont les plus dangereux. C'est la différence entre votre théorie et la mienne. Je n'oublie pas qu'il y a aussi parmi ces gens-là, des gens esclaves d'autres passions : les diverses jouissances nées de la libido sentiendi, dont les possibilités sont évidemment multipliées par la richesse.

            Ainsi, je sais très bien que ma théorie sur comment faire servir l'élite n'est pas sans de grandes faiblesses. Mais lorsque l'on raisonne sur l'homme, matériau très imparfait, on ne peut produire que la meilleure société possible, et qu'elle s'avère très imparfaite : voilà l'objectif de toute bonne philosophie politique.

            **J'en reste aux passions ou désirs, évitons une controverse trop métaphysique sur l'âme.

            5- L'histoire : se connaître avant d'interpréter.

            L'histoire ne « révèle »rien. Au mieux elle sert le raisonnement par analogie, ou nourrit une discussion en fournissant des exemples. Elle est l'expérience humaine qu'il faut interpréter. Elle n'accouche pas de la vérité, et le vainqueur n'a pas toujours raison. Nous n'allons pas revenir sur Hegel, et ses divers successeurs.

            Quand on étudie l'histoire il faut se faire aussi bien philosophe que philologue comme dirait Vico : connaître ses postulats, se connaître, ce que ne sait plus faire l'historien contemporain ; et bien étudier les actes des hommes, ce qu'ils produisent, ce qu'il fait plutôt bien.

            Comme je vous l'expliquais précédemment, si vous partez du principe que les élites sont des ogres, vous ne sélectionnerez que les faits allant dans ce sens pour construire votre petite théorie. Tous les rois de France sont alors Louis XIV, et notre histoire n'est qu'en fait que la politique des réunions. ==> Attention aux théories volumineuses qui ne reposent que sur des pétitions de principe, car l'historien ne maîtrise pas les premiers axiomes de son raisonnement.

            Lorsque je me suis improvisé apologète de l'Eglise dans le point 7 d'un précédent post, j'ai révélé mon intention comme l'aurait fait un ancien : j'estimais conforme au bien et au vrai, toutefois sans certitude, de défendre l'Eglise face à votre histoire voltairienne, alors je l'ai fait sans vous mentir. L'historien d'aujourd'hui réduit l'être au paraître, il se dispense de cet examen, en affectant une attitude, l'objectivité. Il lui suffit de choisir de l'être pour l'être : la volonté est omnipotente, reconnaître un bien, c'est alors l'adopter. 3,2,1, Top, c'est bon tout ce que je dis désormais est objectif.

            Vous vous moquiez de Saint Thomas d'Aquin précédemment : mais il pourrait vous enseigner les rapports qui existent entre l'intelligence, la volonté et l'action, la division qui existe en l'homme, à quel point soumettre l'action à la volonté qui doit être orienté vers le bien, et à l'intelligence qui doit être orientée vers le vrai, est une tâche difficile : que l'intelligence commande la volonté, et que la volonté commande l'agir, que non seulement l'intelligence ne se trompe pas, mais aussi que la volonté soit droite... Que des questions que notre époque ne se pose plus ! Un tel oubli favorise deux excès opposés : soit l'homme peut tout, soit il ne peut presque rien, le même homme moderne portant ces deux avis contraires indifféremment, car il ne sait plus reconnaître les premiers postulats induits par ses idées.


            Je passe désormais à une critique plus politique.

            1- la bourgeoisie

            Je ne reviens pas sur la mondialisation, dont vous minorez les effets. Répétons juste deux constats : 1- il faut une véritable révolution pour revenir à une économie dont la mesure n'est plus le monde mais la nation ; 2- Ce n'est pas un chambardement que tous les français souhaitent : le petit ou grand bourgeois parisien, nouveau nomade, complètement déraciné, est pleinement satisfait de cette économie, et de son mode de vie afférent car il a une vie tout à fait agréable.

            La bourgeoisie intégrée n'est pas l'élite : elle est constituée des gagnants de la mondialisation, de ceux qui ont intérêt à soutenir l'ordre établi. Mais soutenir un ordre, ne signifie pas forcément en être à l'origine, le produire. Car à la différence du politique, ou de l'élite économique, le bourgeois, souvent cadre, sert.

            Qu'est-ce qu'un journaliste ? Un salarié. Pareil pour l'universitaire. Le premier est embauché si ses idées sont conformes, le second réussit si ses idées sont conformes. C'est ce dont je parlais au début de notre discussion, en parlant de l'orthodoxie. Toute institution, tout groupe humain admet des idées sans discussion, et il ne fait pas bon s'y opposer. Si vous tenez à réussir, vous ne pouvez vous le permettre : il faut vous soumettre au monde. Qui ne se soumet pas, voit les portes se fermer. Voilà comment on produit des serviteurs, porte-flingues qui sont très conformes tout en s'imaginant libre-penseurs.

            2- la trahison des élites.

            Il y a effectivement trahison des élites : le politique sert sa pomme, comme l'oligarque le fait. Ce n'est pas le constat qui nous oppose, mais la possibilité qu'il en soit autrement : destin contre action possible.

            Mon argumentation reposait sur ce point sur l'analogie avec une autre société, qui cherchait à faire servir les élites en contrôlant leur ambition. Car, non seulement il n'existe pas de société sans élite ; mais en plus, elles ont beaucoup à offrir. L'ambition ne devient une tare pour la cité, que lorsqu'elle ne la sert pas. Tout l'art de la cité est de se servir des aspirations des hommes.

            Pour ce faire, il faut une tête, un roi, éduqué dans la philosophie et l'histoire : qui connaît les hommes et la société des hommes. C'était ce qu'était l'ancien roi de France. Gouverner, la technique politique, cela s'apprend : avoir une vision globale de la cité, tout en utilisant la compétence des bons spécialistes et techniciens, Vauban, de notre époque.
            Comment espérer d'un homme même accompli, élu, qu'il soit bon dans une tâche, si rien ne l'y a préparé ? Si cela n'empêche pas les erreurs, en témoigne Louis XVI et la destruction de la réforme Maupeou, c'est toujours mieux que rien.

            3- la fracture ethnique

            C'est un remède de cheval, cher ami qu'il faudrait. Il faut non seulement se faire Mithridate : « nos ennemis ne sont pas à nos portes », et disons plutôt exiler que massacrer, en réfléchissant aux moyens nécessaires. On ne purge pas une population sans risquer la guerre civile, ou on n'expulse pas en masse, sans risquer de graves problèmes internationaux.

            Mais il faut aussi, permettez – moi, ce mauvais néologisme : « renationaliser » les esprits, pour que votre politique soit efficace. Autant dire, que le cosmopolite qui tient à le rester doit passer sous les fourches caudines d'une inquisition nationale. Or, les bourgeois cosmopolites sont aussi ceux qui ont le plus de compétences à offrir : ils peuvent être sollicités par des entreprises étrangères. Non seulement l'exil est facile, mais il peut même être très profitable. Si c'est pour que cette politique nous prive de nos meilleurs éléments, est –il vraiment possible de la mettre en œuvre ?

            4- « économie » du superflu

            Notre « économie » est fondée sur la recherche du superflu non sur la satisfaction des désirs nécessaires, qui sont comblés depuis longtemps, tant mieux d'ailleurs. Il ne s'agit plus de produire en vue de la satisfaction d'un besoin, mais simplement de produire pour vendre toujours plus, afin d'accumuler toujours plus d'argent, une chrématistique en somme ; et dans le même temps d'inciter l'acheteur au renouvellement de ses biens par les modes, les nouveautés incessantes dans le domaine technologique, le désir par le biais de la publicité qui n'est qu'une forme de propagande commerciale. Une « économie » de la cupidité signifie produire plus, vendre plus, gaspiller plus. Il faut voir ce triptyque comme une roue qui tourne toujours plus vite. Il y a complémentarité entre produire toujours plus d'un côté, consommer toujours, et jeter toujours plus.

            L'homme de cette société, le consommateur, réduit le bonheur -- état à trouver par l'éthique-- au bien être, la satisfaction des sens. Mais le désir étant aussi protéiforme qu'insatiable, il passe sa vie entre plaisir et douleur. Il est toujours dans la quête d'une nouvelle sensation, divertissement, d'un nouveau loisir ou achat, d'une nouvelle fête. Il travaille à cette fin depuis longtemps, même lorsqu'il pourrait se contenter de moins. Il est esclave de ses désirs: l'exact opposé de l'homme traditionnel qui limite ses besoins, et cherche à se satisfaire du nécessaire, la condition sine qua non de la liberté.

            A l'homme producteur cupide, répond un certain type d'homme le consommateur jouisseur, l'homme asservi à la libido sentiendi. Parfois ces deux facettes se côtoient dans un même homme, celui d'élite*. Tout cela pour dire que dans ce contexte, l'homme n'est pas près de travailler dix heures, quand il travaille, et même s'il le pouvait.

            Cette analyse, je le reconnais, mériterait un peu plus de finesse, de réflexion.
            *allusion au paragraphe sur la volonté de puissance ou libido dominandi.

            5- propagande et mythe de l'homme informé, éclairé.

            Nos sociétés sont organisées autour de l'opinion, et de sa seule traduction politique, un jour tous les deux – trois ans, le suffrage universel. L'opinion est un mobile qui justifie tout pour le politique. Il s'agit alors de la maîtriser. Pour savoir qui fait l'opinion, il faut se poser la question qui finance ? Je laisse cette analyse à un autre. Mais cette opinion publique a complètement explosé les dernières années : il y a les médias, et il y a internet.

            Le journaliste est celui qui devait informer. La liberté de la presse loin d'engendrer un homme plus informé a conduit à la propagande, à l'asservissement des consciences, à la désinformation. L'éclatement dont j'ai parlé précédemment, disons livre l'homme du quotidien à une multitude « d'influenceurs » du journaliste, au vidéaste sur youtube, à la doctrine d'un parti : il y a éclatement dans l'information ou désinformation selon la qualité qu'on lui attribue...

            La véritable source de tout cela, c'est justement l'homme de tous les jours qui pour penser a besoin qu'on lui dise quoi penser. Le "propagandé" réclame sa propagande, et se fait ensuite propagandiste dans son petit groupe. Car la vérité que nous oublions, c'est que penser par soi-même est une liberté qui s'acquiert sur un sujet donné par beaucoup d'instruction : la liberté est en fin de chemin, non au début. Juger grâce à un autre, cela dispense de connaître : c'est un raccourci.

            L'autre grand mythe sur lequel repose l'homme moderne soi – disant plus éclairé est celui de la « culture » : terme qui recouvre en fait une immense industrie du divertissement, intelligent ou moins, qui va de littérature, au cinéma, en passant par les journaux, expositions, musées. Ces divertissements ou activités ne servent pas l'apprentissage, mais constituent plutôt un second raccourci. Le seul moyen de connaître un sujet est de l'étudier, puis de produire soi – même : on apprend en actualisant, un long et rude chemin.

            Ne soyons pas dupes, du temps donné à nos amis, sert plutôt l'industrie du film, du sport, ou la télévision, que la formation de scholè à la grecque. Divertissez – vous si vous le souhaitez, je le fais aussi, mais ne nous faites pas passer des vessies pour des lanternes : voici mon message en substance.

            Je conclus que non seulement l'homme du quotidien, même celui qui a fait des études, n'est pas spécialement instruit, mais qu'il se fait beaucoup d'illusions sur sa prétendue culture : ce qui souvent l'empêche de juger à partir de son seul savoir, aussi imparfait soit-il, l'opinion née de son expérience, autrement dit pas grand chose.

            6 – relations internationales

            Sachant que le monde est actuellement divisé entre libéraux idéalistes et réalistes n'acceptant que l'idole nation, le futur ne semble pas très réjouissant. Soit une fausse conception de la justice portée par les institutions internationales et subie par une bonne partie des nations du monde, soit un monde livré au seul jeu des intérêts de chaque nation, c'est-à-dire la mort de toute idée de bien ou justice. A choisir, mieux vaut encore la première solution.

            2 mois plus tard

            Il existe des raisons économique à l'effondrement de la qualité de l'information en France, on point souvent du doigt des médias politisés (qui ne le serait pas d'ailleurs ?). C'est métier qui subit des transformations massives avec le numérique et qui est victime de la précarité, et cela a des conséquences directes sur la qualité de l'information. C'est bien expliqué ici :
            https://www.panoramamedia.fr/post/les-7-raisons-qui-expliquent-pourquoi-les-journalistes-ont-mauvaise-presse

              • [supprimé]

              • Modifié

              Balor21 C'est métier qui subit des transformations massives avec le numérique et qui est victime de la précarité, et cela a des conséquences directes sur la qualité de l'information.

              Pour toute chose, il est important de prendre le temps pour bien faire les choses. La recherche immédiate de profit, de chiffre, de scoop sensationnel, de recherche d'audimat est une aberration pour des journalistes d'information.

              Enfin, l'actualité a besoin de réactivité. C'est un métier spécial ...

              un an plus tard

              cheshire-cat
              Campion, c'est un peu comme Sarkozy, une personne souvent diffamée.... Je me demande bien pourquoi. En attendant, le Canard est plus que le meilleur hebdo hexagonal. C'est le seul journal digne de ce nom. C'est peut être pour ça qu'il ne perd pas d'argent, bien qu'il refuse les pubs, et qu'il soit très bon marché (1.5E). Il faudrait être fou pour dépenser plus, comme disait le marchand de chaussures.
              C'est aussi un journal dont on lit généralement tous les articles, vu que les rédacteurs ne délaient pas.