gth
Non, l’inceste n’est pas un invariant culturel. Il est l’une des conséquences de la création de la notion de totem du clan à l’heureux temps d’Habilis. Notion elle-même générant l’institution du tabou. L’inceste découle directement du totem clanique et du tabou, bien qu’il n’en soit qu’un effet collatéral.
Les travaux les plus récents des ethnologues en matière de peuples primitifs se retrouvent sur la confirmation de la thèse de Freud expliquant que le tabou avait été inventé et imposé par les femmes dans le but de limiter, si ce n’est d’interdire, les relations physiques entre les pères et les enfants. Lesdites relations physiques n’étant pas les relations sexuelles, mais les relations « culinaires ».
Il est établi que la consommation des enfants jeunes par les adultes durant les périodes de famine était chose courante pratiquement jusqu’au Néolithique. Pour l’empêcher, les femmes ont convaincus les mâles que chaque membre du clan relevait d’un même totem, était protégé par lui, et que l’on ne pouvait pas attenter à la vie d’un membre relevant du même totem. De là sont nés les tabous sociaux.
Et par extension normale, le tabou s’est étendu aux activités sexuelles dans le cadre des parents et collatéraux. L’acte sexuel entre mâles et femelles pubères, tout au long du Paléolithique, a relevé de la génétique, comme pour tous les mammifères. La relation sexuelle enfant - adulte n’était par possible, d’une part par manque de possibilité » de pénétration vaginale de la fille impubère. D’autre part parce que cet état d’impubère ne déclenchait aucune réaction sexuelle ou érection chez le mâle. Le tabou est passé dans le domaine social après l’apparition de la vie en villages, puis en agglomérations de plus en plus grandes. Et sensiblement en même temps dans toutes les régions du globe ou à peu près, les sociétés se développant sensiblement aux mêmes cadences sur les mêmes sujets. Même si les pays concernés étaient situés loin les uns des autres, et n’avaient pas de rapports entre eux.
Il ne s’agit pas d’un invariant culturel, mais d’une phase de l’évolution normale des sociétés. Et le principe générant ce phénomène de tabou n’est pas né d’une préoccupation sexuelle, mais « sociétale » en ce sens qu’en dépendait la survie de la société concernée.
De même si les pharaons épousaient leur sœur, ce n’était pas pour des raisons sexuelles. C’est parce que le pharaon était un Dieu, et qu’il allait générer des dieux, ou au moins des « demi-Dieu ». Mais pour donner des demi-dieux, la mère devait être elle-même de préférence une demi-dieu. Filiation divine Mais les demi-déesses ne couraient pas les sables des dunes de Gizeh. Et la sœur de Pharaon, la sœur d’un Dieu, était ce qu’il y avait de plus proche d’un Dieu. Tout cela restait en famille divine. Entre Dieux et demi-dieux. Les égyptiens antiques ne mélangeaient pas les torchons et les serviettes.
Les grecs et les romains ont largement repris, illustré, puis développé ces notions, dans leurs filiations divines mythologiques.
Quant aux bonobos, leurs attitudes relèvent essentiellement de postures à but social, pas de phénomènes sexuels. Dans la majorité des cas, il se s’agit de leur part que de simulacres. Pas de réalisation réelle d’actes sexuels. Dans le seul but de calmer les tensions. De simulacres de soumissions de l’un à l’autre. Que ce soit des simulacres de coïts entre mâle et femelles, entre mâles, ou entre femelles. Dans la grande majorité des cas, il n’y a pas, dans leurs imitations de coïts, d’émission de sperme. Ce ne sont que des simulacres à but social.