• [supprimé]

  • Modifié

courtial Bonjour,

Guizot savait sans doute de quoi il parlait. Mais les classes sociales les catégories socio-professionnelles tout cela je n'aime pas trop ça met l'homme dans des boîtes. La classe ouvrière du XIXéme siècle sans toute très dense. Avec la modernité des années 20 je pense que l'organisation scientifique du travail le taylorisme le fordisme tout cela confine à la qualification professionnelle.
Ainsi les ouvriers sont parqués dans des qualifications professionnelles hiérarchiques et la rivalité entre secteurs d'activités s'affirme. L'ouvrier qualifié du bâtiment vaut moins que l'ouvrier qualifié de l'électricité. L'électricité au XIXéme siècle a plus de valeur symbolique que le ciment. Ces disparités symboliques couplées aux qualifications existent bien de nos jours. Un serveur dans un avion soit un steward gagne plus qu'un serveur dans un restaurant et a plus de poids syndical.

Pour revenir aux classes sociales les Français étaient très au courant au début du XIXéme siècle. Marx a affiné le concept sous différents angles en ajoutant par exemple la nécessité d'une conscience de classe pour achever le concept. L'étude concrète des classes sociales de Marx au 18 Brumaire fait apparaître une dizaine de classes antagonistes. On est loin du schéma véhiculé des ouvriers opposés aux patrons. Trop simple.

Avec Marx dialectique oblige il y a une fin à la lutte des classes. Avec Guizot c'est tout le contraire la lutte des classes est le moteur de la politique et ne cesse jamais tant ses effets sont bénéfiques ou plutôt nécessaires à la société. La dynamique historique est fondée sur la lutte des classes. En cela Guizot semble plus moderne que Marx.

Cordialement.

    courtial Pour ciceron8, on voit que dans les diverses lectures, les diverses écoles du marxisme, il a adopté la tendance Groucho

    C'était sans aucun doute le moins dangereux du lot. 😃

    courtial
    Sur le PS, il est clair qu'il n'est pas à son niveau électoral normal, essentiellement par l'inertie de son principal dirigeant. C'est le contraire de LFI, porté par un excellent tribun, Mélenchon, très bien entouré de militants et adhérents (bcp d'IEP) qui produisent beaucoup de notes et sont actifs sur tous les sujets de société. Mais à mes yeux, la ligne ultra-communiste de LFI, sous l'influence de Mélenchon, marginalise ce parti. Ponctuellement et pour les raisons que j'ai évoquées, il fait un excellent score pour un parti néo-stalinien, même si méluche est un vulgaire trotskard. Avec le départ de Mélenchon, LFI va s'effondrer, la guerre interne souterraine de la succession a commencé avec les couteaux qui sont sortis. Or, aucun des prétendants n'est à la hauteur de la fonction, encore moins de l'actuel dirigeant.
    Le NPA a soutenu LFI lors des législatives, ils sont dans la même logique du communisme confiscatoire et de haine sociale, que je qualifie pour ma part de stalino-fascisme (je vais produire un post qui le démontre).
    Sur les classes sociales, les doctrines de Marx et Engels m'amusent beaucoup et je suis stupéfait que les marxistes n'aient guère autre chose à nous servir que les rapports sociaux et de domination datant de plus de 150 ans... comme si l'environnement éco et social et les relations de travail n'avaient pas changé depuis lors ! D'ailleurs, ces mêmes marxistes ou leurs dérivés de toutes obédiences, avec en bandoulière permanente leur anticapitalisme primaire, sont incapable d'imaginer, ne serait-ce que sur le plan conceptuel, une alternative crédible au libéralisme, la ridicule "transition socialiste" étant inimaginable, même pour eux.

    L’extrême gauche bénéficie en France d’une indulgence extrême des milieux médiatiques et politiques, celle de ne pas être nommée. Alors que la plupart des médias ont collé l’étiquette d’extrême droite à certains candidats ou partis, ces médias se sont abstenus d’étiqueter symétriquement d’extrêmes gauches Mélenchon ou Roussel, lesquels ont célébré avec lyrisme Castro, Chavez et Maduro.

    L’extrême gauche est classée délicatement « à la gauche de la gauche » ou à la « gauche radicale ». Cet esprit d’asymétrie systémique aura eu pour résultat de n’extrémiser politiquement et moralement que la droite.

    Aucun media n’évoque l’extrémisme patent de Mélenchon, lequel fait en permanence le procès de toute la police, devient islamo-gauchiste, ou appelle carrément à l’insurrection en « transformant les révoltés en révolutionnaires ».

    Aucune bataille culturelle d’envergure n’a été menée contre ce que l’on peut nommer « le fascisme d’extrême gauche », pour lui rendre la monnaie de sa phraséologie excessive si payante. Il va falloir y remédier et ce propos l’y appelle, appuyé et justifié par des arguments de poids.

    On a fait le procès de Hitler et du nazisme, pas celui de Staline et du communisme, comme s’il ne pouvait y avoir qu’un seul diable dans l’enfer politique satanique. Que la presse de gauche encore ait religieusement accepté cette démonologie expiatoire à sens unique est depuis trop longtemps constaté.

    Mais que la droite la plus décomplexée continue de s’y conformer relève de l’insensé et d’une forme de paresse intellectuelle. Résultat immédiat : elle seule est diabolisée.

    Les programmes de LFI, du PC et du NPA, partis associés pour les législatives de 2022, sont d'une grande violence économique et relèvent d’un fascisme d’extrême gauche, comme le montrent leurs programmes:

    • nationalisations massives par la confiscation et la rafle des biens des entreprises sans indemnisation (NPA),
    • réquisition rafle et nationalisation sans indemnités de toutes les banques privées (NPA),
    • confiscation et rafle des dividendes (PCF),
    • expulsion et rafles auprès des chefs d'entreprise de leur propres propriétés (LFI),
    • interdiction des licenciements (NPA),
    • confiscation et rafle par le vol fiscal légalisé des salaires élevés (LFI, NPA),
    • confiscation et rafle par le vol fiscal légalisé des héritages élevés (LFI),
    • formatage d'un État national-socialiste de type nazi chargé de la gestion des biens volés et raflés,
    • rupture brutale de tous nos engagements internationaux (LFI),
    • dictature de fait faisant de l’État l’employeur obligé en dernier ressort (LFI),
    • dictature d’isolation communiste de la France avec sa sortie de l'UE, de l'€, de l'OMC, du FMI, de l’OTAN, de la banque mondiale (LFI),
    • renforcement massif et policier de l'État central communiste dont l'activité se substitue à celles des entreprises (LFI, PCF, NPA).

    La privation des libertés économiques et individuelles qu’induirait ce collectivisme étatique confinerait à l’émergence d’un appareil d’État national-socialiste, comparable en bien des points à celui qui a existé du temps du IIIème Reich. Ce programme est donc clairement de type fasciste.

    Si l’on ajoute à ce tableau l’inclination antisémite de Mélenchon et l’ignoble association des communistes avec les nazis lors du pacte germano-soviétique en 1939/40, on trouve le trait d’union manifeste de cette collusion avec les attributs fascistes.

    Jamais dans l’histoire de notre pays un ou plusieurs partis coalisés n’ont présenté aux électeurs un tel programme national-socialiste fasciste par la rafle prédatrice de biens privés, l’étatisation forcée de toute l’économie et le reniement de nos accords internationaux.

    Jamais dans l’histoire récente des pays démocratiques et développés, hormis les cataclysmes nazis et communistes, des organisations politiques se sont présentées à leurs électeurs avec un projet politique dictatorial comparable à celui proposé par ces voyous politiques.

    Pour la première fois en France, apparaît une coalition communardo-fasciste mêlant les attributs dégueulasses et les pratiques politiques du communisme et du fascisme.

    Les libéraux et tous les démocrates de droite et du centre devront combattre le nouveau facho-communisme avec fermeté et détermination.

      libero15 On a fait le procès de Hitler et du nazisme, pas celui de Staline et du communisme, comme s’il ne pouvait y avoir qu’un seul diable dans l’enfer politique satanique.

      Le livre noir du communisme, rédigé par des universitaires, a largement contribué dans le débat public à mettre en lumière le fait qu'effectivement, l'URSS n'était pas DisneyLand.

      La période de la guerre froide n'a pas été particulièrement propice non plus à une valorisation du régime communiste, le biais journalistique est assez largement euro atlantiste depuis des décennies, bref, vous vivez dans un monde parallèle.

      Pour finir, vous parlez d'arguments de poids quand vous n'évoquez que l'aspect économique de la chose, cela dit tout de vos préoccupations réelles et premières. Le fascisme est une doctrine nationaliste avant tout, les valeurs communistes sont internationalistes par essence (c'est d'ailleurs ce que les fascistes, les vrais, reprochent aux cocos).

      Pour finir, sur votre petite collection de point Godwin, vous avez quand même l'indécence de comparer des régimes génocidaires avec des prises de positions économiques de quelques partis français, d'abord c'est ridicule, ensuite, c'est particulièrement indigne comme méthode d'argumentation.

      J'espère malgré tout que vous vous êtes fait plaisir.

        Fusion de 2 messages de Le fascisme d'extrême gauche.

        tieumz
        Vos "valeurs communistes", c'est l'horreur minutieusement décrite dans le fameux livre noir que vous citez, sous la direction de Stephane Courtois et avec l'aide de dizaines d'universitaires, d'historiens, de "soviétologues". Cet ouvrage, fort décrié lors de sa sortie par des communistes irrédentistes, est fort bien documenté et décrit dans le menu détail (il numérote quasiment les abattis...) les horreurs des régimes communistes.
        Alors, pour moi, les dictatures communistes, perpétrées dans des dizaines de pays, sur 4 continents et durant 70 ans ont été bien plus meurtrières (100 millions de morts) que le nazisme (40 millions "seulement"), bien que ce dernier fût plus atroce et abject à bien des égards. Mais j'aimerais bien que le communisme suscite la même réprobation, pour les mêmes motifs, que le nazisme. La différence provient du fait que les français ont souffert de l'un et pas de l'autre, ce qui ne dénote pas nécessairement une certaine hauteur de vue.
        Si l'apologie du nazisme et les régimes nazis sont interdits par la loi en France, il n'en va pas de même -hélas- pour les régimes communistes et nous avons dans notre pays un parti qui se dénomme communiste et affiche, avec quelques nuances, les "valeurs" abjectes de ce que furent les horribles partis communistes de jadis, le goulag et les crimes en moins.
        Aucun pays au monde, hormis les 4 ou 5 reliques communistes que l'on sait, n'a dans son champ politique un parti communiste comparable au PCF, portant encore les attributs dégueulasses de son grand frère (svastika rouge, centralisme démocratique récemment révoqué, "l'Internationale" portée en étendard, la lutte des classes toujours présente et la perspective révolutionnaire de l'édification du communisme en fond d'écran).
        Quant au rigolos de LFI, avec le révolutionnaire Mélenchon en tête de gondole, c'est pire, il voudrait carrément "instaurer le socialisme" ! Il ne faut pas s'étonner dès lors que, par réaction, mais pas seulement, le RN ait été qualifié une seconde fois au second tour de l'élection présidentielle.

        tieumz Le livre noir du communisme, rédigé par des universitaires, a largement contribué dans le débat public à mettre en lumière le fait qu'effectivement, l'URSS n'était pas DisneyLand.

        La période de la guerre froide n'a pas été particulièrement propice non plus à une valorisation du régime communiste

        Dans un tel contexte, il fallait bien que les media (dans le sens le plus large, incluant les livres) occidentaux répliquent.

        Les livres de Soljénitsyne, dans les années 70, ont donné un écho à la critique du stalinisme.
        Mais il faut rappeler surtout que c'est un topos de gauche : c'est bien la critique du stalinisme, et pas du fascisme, qui a coûté sa peau à Trotski, pour ne citer que lui. Et pour revenir à la guerre froide, Nikita Kroutchev a pu asseoir son pouvoir sur un fameux discours de je ne sais plus quel numéro de Congrès où il dénonce le stalinisme.

        Pour la gauche intello française, il y a un malaise assez rapidement. Dès les années 30, Gide écrit un Retour d'URSS qui est très ferme dans la dénonciation du système. Etant donné la surface qu'avait un Gide à l'époque, et surtout le fait qu'il était tenté par le communisme, il était insoupçonnable de ce côté. On l'a donc lu, et la critique existait bel et bien, mais on a préféré laisser cela de côté.

        Le malaise n'existe pas, à droite, Staline est une aubaine, c'est l'argument anti-Godwin rêvé, comme on le voit le voit dans la prose de libero, dans sa théologie dualiste de l'Enfer.

        Mélanchon et sa LFI sont maintenant partie intégrante du folklore français; ils seront bientôt classés par l'UNESCO. : 😃

        Le PC ne représente plus rien lui non plus, mise à part la sympathie personnelle que peut susciter l'inventeur du "roussellement".

        Le PS est encore potentiellement susceptble de représenter valablement une frange de la population; le choix de la voie sans issue pourrait cependant lui être fatal.

        Quant aux Verts, qui ne sont pourtant pas tous des hystériques à la Rousseau, on se demande ce qu'ils sont allés faire dans cette galère Nupes.

        Tous les débordements actuels et excès de langage ressemblent fort à un pathétique Chant du Cygne.

        • [supprimé]

        Si seulement c'était le chant du signe de la gauche ! Une AN constituée de représentants du peuple LaREM/Modem/Agir/Horizons/LR/UDI et une opposition RN/REnconquête me serait quand même plus sympathique.

        [supprimé] Pour revenir aux classes sociales les Français étaient très au courant au début du XIXéme siècle. Marx a affiné le concept sous différents angles en ajoutant par exemple la nécessité d'une conscience de classe pour achever le concept. L'étude concrète des classes sociales de Marx au 18 Brumaire fait apparaître une dizaine de classes antagonistes. On est loin du schéma véhiculé des ouvriers opposés aux patrons. Trop simple.

        C'est une interprétation marxiste de Marx.
        Je me méfie, en général. Marx a déclaré d'ailleurs qu'il n'était pas "marxiste" (faisant référence aux contre-sens et aux abus nombreux sur sa doctrine). Mais il est vrai que dans le texte précis que vous citez, Marx tombe lui-même dans le "marxisme", à mon avis.
        Après une série d'éléments qui justifient à ses yeux l'idée que la paysannerie n'est pas vraiment une classe sociale (1), il invoque en dernier lieu que les paysans n'ont pas conscience d'appartenir à une classe. Ce dont les marxistes concluent immédiatement que pour qu'il y ait une classe sociale, il faut qu'elle soit consciente d'elle-même (d'être une classe). On voit facilement où ça mène, l'idée que la classe n'est que par sa partie la plus consciente, et donc que le prolétariat, c'est le camarade Staline et rien d'autre.
        Mais la difficulté, c'est que la pensée marxienne interdit absolument l'idée que la conscience d'une chose en soit l'explication, ce qui la détermine. "Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, c'est la vie qui détermine la conscience". (Marx).
        Les interprétations, les représentations conscientes que les hommes construisent (ce qu'il appelle l'idéologie) n'ont en elles-mêmes aucune puissance explicative de ce qu'ils sont et de ce qu'ils vivent. Les prolétaires le sont parce qu'ils partagent des conditions de vie et donc des intérêts économiques communs ; qu'ils en soient plus ou moins conscients n'est pas ce qui explique la communauté de leur sort et de leurs intérêts réels. Au contraire, ceux-ci sont expliqués et déterminés suffisamment par la situation concrète, quelle que soit l'idée qu'ils s'en font.

        (1) Je rereredis que ça n'a rien de nouveau. Même dans la République de Platon, il y a différentes classes dans la société. Il y a des producteurs, des guerriers, des chefs. Mais il est vrai que dans cette oeuvre, Platon prône un système communiste (abolition de la propriété privée, repas en commun, destruction de la famille, etc.)

          ciceron8

          Non pas Marks & Spencer. Comme l'a démontré zenon, c'est depuis l'époque de Guizot déjà que les riches sont sapés comme des minables.
          C''est toujours intéressant, la politique vue par Cristina Cordula. Je dirais même plus : c'est magnifaïque ! Seublaïme, ma chérrrie !

          courtial Je trouve l'idée de classe assez réductrice ou trop clivante pour essayer d'établir une société harmonieuse. D'ailleurs dois t'on classer les gens selon leurs situations sociales, leurs aspirations politiques ou encore pourquoi pas, leurs centres d'intérêt communs? Tout cela n'a pas vraiment de sens en réalité et ne peut que conduire qu'à une opposition entre ses "classes" justement.

            jack127

            Vous n'empêcherez jamais personne de faire un quelconque classement de la population. Les critères possibles sont d'ailleurs infinis et peuvent tous avoir un certain intérêt pour le "classeur".

            Quelques exemples?

            En plus de la classe sociale, consciente ou non de son existence, je peux vous proposer la taille, la couleur des yeux, les pieds plats, la langue parlée, la religion, le niveau d'études...etc etc etc...

            C'est forcément réducteur et clivant; je dirais même que c'en est quasi la définition.

            jack127

            Je suis d'accord. Mais j'ajoute : Marx aussi.
            Pour lui, la lutte des classes n'est pas une joie (encore moins une préconisation).
            Le fait qu'un individu soit traité et vu uniquement à travers sa classe, ça le révolte, ptain !
            Quand il se déboutonne et quitte le ton "scientifique", c'est souvent pour s'insurger contre le fait qu'un enfant, sous prétexte qu'il est un fils de prolo, va se faire coller à la mine à 8 ans, quelles que soient par ailleurs ses capacités, ses dispositions et désirs personnels, ou qu'une fille, sous prétexte que ses parents sont des prolos, va devoir non seulement se laisser violer par les mecs et en plus s'écraser. (Pour servir à quelque chose et ramener un peu de sous à la maison).
            Je partage la même révolte.
            Sur le point plus philosophique - pour ceux que ça intéresse - sa position est le matérialisme historique. "Matérialisme" veut dire (ou implique) que la seule réalité qui soit, c'est la réalité individuelle, au point que cette expression est redondante, tautologique. Les notions abstraites (par exemple La Classe, L'Histoire, le Prolétariat) sont des irréalités. Et cela, ce n'est pas une remarque marginale - comme ce qu'il dit dans un texte et un seul sur les paysans - c'est répété 50 fois, de do majeur jusqu'à si bémol mineur. "L'histoire ne fait rien...", "les classes ne font rien...", la réalité, ce sont les individus, "les individus vivants", "les individus en chair et en os", "non pas tels qu'ils sont dans la représentation etc..." mais dans "leur processus de vie réelle", et ainsi de suite.

            Ce n'est pas lui qui réduit un individu à sa classe, c'est la société qui le fait.

              courtial La lutte des classes intervient lorsque les inégalités deviennent trop criantes et qu'un salarié ne peut vivre décemment de son travail. Peut-on dire que l'on s'y achemine tout doucement? C'est une possibilité que l'on ne peut pas écarter et la crise des gilets jaunes était une alerte suffisamment forte pour pouvoir l'envisager à plus grande échelle.
              Mélenchon se voulait son porte-parole mais on a pu remarquer que "le peuple d'en bas" ne voulait pas se laisser instrumentalisé par un politicien finalement peu représentatif de cette classe.
              Si une Marine, autre revendicatrice comme représentante du peuple peut mobiliser presque la moitié des français malgré son incompétence, on imagine qu'une figure émergente plus entraînante pourrait tout faire basculer.

                jack127 Si une Marine, autre revendicatrice comme représentante du peuple peut mobiliser presque la moitié des français malgré son incompétence, on imagine qu'une figure émergente plus entraînante pourrait tout faire basculer.

                En effet et c'est ce qui exaspère Mélenchon et l'extrême gauche, que le peuple se tourne vers elle. Il faut bien reconnaître que les fieux (adulateurs de la FI) et leur prophète ne font rien pour essayer d'attirer les gens de condition modeste. Ils sont favorables à l'immigration, alors les immigrés concurrencent outrageusement et clandestinement les ouvriers français; ils deviennent islamo-gauchistes à rebours des opinions majoritaires de la classe ouvrière; ils tapent sans arrêt sur le patronat, alors que l'ouvrier français ne déteste pas systématiquement son employeur; il sont en permanence dans l'idéologie marxiste, alors que les ouvriers s'en tapent; ils défendent l'agresseur contre le flic, exaspérant la clientèle qu'ils veulent conquérir; ils suivent la mode écolo et les taxes qui vont avec, alors que le prolo ne peut pas remplir le réservoir de sa bagnole et déteste l'écologie punitive, etc...
                Les classes sociales défavorisées n'attendent rien des fieux et de l'extrême gauche, tout les sépare !


                courtial Quand il se déboutonne et quitte le ton "scientifique", c'est souvent pour s'insurger contre le fait qu'un enfant, sous prétexte qu'il est un fils de prolo, va se faire coller à la mine à 8 ans, quelles que soient par ailleurs ses capacités, ses dispositions et désirs personnels, ou qu'une fille, sous prétexte que ses parents sont des prolos, va devoir non seulement se laisser violer par les mecs et en plus s'écraser. (Pour servir à quelque chose et ramener un peu de sous à la maison).
                Je partage la même révolte.

                Cela est du passé, du moins chez nous, et trouver le passé révoltant ne mène as bien loin.
                La stratification en classes étanches de nos sociétés s'est affaiblie du fait du développement des classes moyennes, phénomène qui se produit aussi dans maints pays pauvres, et que Marx n'avait il me semble pas vu venir.

                courtial Sur le point plus philosophique - pour ceux que ça intéresse - sa position est le matérialisme historique. "Matérialisme" veut dire (ou implique) que la seule réalité qui soit, c'est la réalité individuelle, au point que cette expression est redondante, tautologique

                Les interactions entre individus sont aussi une réalité matérielle, par exemple quand nous discutons sur ce forum, cela se fait par des propagation d'ondes électromagnétiques, des mouvements d'électrons sur l'infrastructure matérielle d'Internet. Face à face, nous pourrions interagir par le moyen d'ondes sonores.
                Ces interactions forment un réseau, dont la structure fait de l'Homme un animal social, dont les organisations sociales se sont étendues et complexifiées au cours des derniers millénaires.
                Un homme isolé de toute société n'est rien.

                • [supprimé]

                • Modifié

                courtial es notions abstraites (par exemple La Classe, L'Histoire, le Prolétariat) sont des irréalités. Et cela, ce n'est pas une remarque marginale - comme ce qu'il dit dans un texte et un seul sur les paysans - c'est répété 50 fois, de do majeur jusqu'à si bémol mineur. "L'histoire ne fait rien...", "les classes ne font rien...", la réalité, ce sont les individus,

                Bonjour,

                Je ne sais pas si Marx était à ce point soucieux de l'existence individuelle mais des concepts comme "dictature du prolétariat" ou encore "dictature de la classe ouvrière" cela ne fait aucune ambiguïté quant à la vengeance et la violence qui va avec à l'égard des classes sociales affaiblies. Un dictateur comme Lénine n'avait de respect que pour les ouvriers, les paysans ou les petits bourgeois pouvaient crever. Lénine a même fait exécuter des enfants de la famille tsariste au nom de cette supériorité de la conscience ouvrière. Avant de condamner le boucher Staline voyons aussi ce que fut Lénine.

                Cordialement.

                  Bien sûr. Vous notez que je n'ai pas dit "L'Homme", mais "les hommes", c'est-à-dire les individus vivants et qui sont en relation les uns avec les autres, d'accord sur la précision. Il ne s'agit pas de nier la socialité essentielle de l'homme ("animal social", "animal politique", disait Aristote), ce que j'ai indiqué veut dire qu'il ne faut pas réifier "la société", "l'histoire" et en faire des facteurs agissant par eux-mêmes, alors que ce sont des idées. Ce ne sont pas des choses, et quand on manipule ces termes, il faut les prendre pour ce qu'ils sont. C'est de la méthodologie.
                  Vous vous trompez, si je peux me permettre ou disons, vous parlez d'autre chose en mentionnant que sans électrons, nous ne pourrions pas avoir ces échanges si intéressants et fructueux. Le "matérialisme" de Marx n'a rien à voir avec ça. La matière qui est dans les ordi, les ondes, l'électricité, c'est la matière au sens de la réalité objective, qui est par elle-même et se distingue par là d'un sentiment, ou d'une idée, bref ce qui existe objectivement indépendamment de nous. Il est clair que les électrons, les ondes, etc. ne nous ont pas attendu pour exister et qu'on ne peut les réduire à un fantasme de notre imagination, ou un sentiment personnel, etc.
                  Ca c'est le matérialisme d'Epicure et de Démocrite (le sujet de Thèse de philo de Herr Doktor Marx), ou plus tard de Gassendi, de Diderot. Ou, à l'époque où Marx rédige sa thèse, celui de Feuerbach.
                  Voici ce qu'il en pense :

                  Le principal défaut de tout matérialisme jusqu'ici (y compris celui de
                  Feuerbach) est que l'objet extérieur, la réalité, le sensible ne sont saisis
                  que sous la forme d'Objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activité
                  humaine sensible, en tant que pratique, de façon subjective. C'est
                  pourquoi en opposition au matérialisme l'aspect actif fut développé de
                  façon abstraite par l'idéalisme, qui ne connaît naturellement pas l'activité
                  réelle, sensible, comme telle. Feuerbach veut des objets sensibles,
                  réellement distincts des objets de la pensée : mais il ne saisit pas
                  l'activité humaine elle-même en tant qu'activité objective. C'est pourquoi
                  dans "L'Essence du christianisme" il ne considère comme
                  authentiquement humaine que l'attitude théorique, tandis que la
                  pratique n'est saisie et fixée par lui que dans sa manifestation juive
                  sordide. C'est pourquoi il ne comprend pas l'importance de l'activité
                  "révolutionnaire", de l'activité "pratiquement-critique".

                  Ce que Feuerbach et consorts n'ont pas compris, c'est donc que la matérialité, ce n'est pas la réalité objective telle qu'elle peut être sous le regard théorique, c'est-à-dire ce que la pensée oppose à soi comme étant objet (comme son autre). La vraie réalité matérielle, c'est l'activité pratique, qui ne contemple pas le réel comme un objet, mais qui agit et se développe elle-même, de façon subjective (comme un sujet, pas comme une chose), qui est le devenir de soi-même, qui transformant le monde (dans le travail par exemple) se change aussi elle-même (est le résultat de sa propre opération, de son travail sur soi).

                  Bref, "la matière", ce n'est pas la chose inerte et objective, c'est l'activité, la pratique, la praxis, si on veut cuistriser. Il faut la penser comme pratique révolutionnaire.

                  Il y a un passage un peu plus loin (ce que je viens de citer est la Première thèse sur Feuerbach, mis en préambule de l'Idéologie allemande) où il reprend un texte dans lequel Feuerbach explique que le cerisier qu'il voit devant lui est une réalité objective, parfaitement indépendant de ma pensée, et qui demeure même si je ne suis pas là pour le regarder, etc. , bref le matérialisme canal historique. Marx ne dit pas qu'il a tort, ce n'est pas faux, c'est seulement insuffisant. Ce qu'il faut dire d'abord, c'est que la cerise n'est pas un fruit qui pousse comme ça en Allemagne, et qu'il faudrait expliquer d'abord comment un cerisier se retrouve devant Feuerbach et s'offre à sa contemplation théorique. Il dit, je crois - il est tard et j'ai la flemme de vérifier ce détail, excuses si ce n'est pas tout à fait ça - que cette plante a été ramenée de l'Amérique, et qu'il faudrait d'abord expliquer comment un truc qui n'existe qu'en Amérique se trouve faire face à Feuerbach, ce qui oblige de faire un peu d'histoire du Nouveau Monde, de sa découverte et tout ce qui s'ensuit. Bref, de la pratique et de l'historicité, et pas seulement la capacité d'abstraire et d'objectiver.