ok, j'avoue que le communisme à petite échelle où les communautés sont en concurrence est quand même préférable au communisme centralisé à l'échelle d'un pays. Mais il est quand même hautement inefficace et immoral étant donné que déjà à l'échelle d'une ville de plusieurs milliers d'habitants, il est impossible pour le chef élu de savoir ce que les gens veulent produire et comment répartir la production. Il n'y a que le mécanisme du marché qui permet de le déterminer. Je ne sais pas si l'idéologie proudhonienne autorise le commerce entre les individus. Si c'est le cas, alors l'allocation des ressources peut s'effectuer correctement. Mais ce qui est sûr c'est que dans son idéologie, il voulait interdire aux gens de posséder du capital.
Vous mêlez le communisme en tant que cadre idéologique et ce qui relève de sa mise en œuvre. Le communisme c'est la mise en commun des biens de production. La question de l'efficacité relève d'avantage des méthodes de travail des acteurs que de l'idéologie elle même. En général, une économie centralisée permet une mobilisation plus efficace des ressources ce qui s'avère plus efficace sur des travaux de grande envergure (industrialisation à grande échelle, grands projets nationaux) mais qui s'avère handicapant lorsqu'il s'agit de répondre à des besoins locaux (production de biens de consommation, lutte contre la petite corruption). Par ailleurs, il me semble que Proudhon reconnaissait la propriété issue du travail du propriétaire comme seul valable, donc pas sur qu'il soit contre le commerce.
Le communisme, parce qu'il pose la mise en commun des biens de production comme un impératif et parce que cet impératif n'est pas du souhait de tout le monde, offre que deux types dynamiques pour ce qui est de sa mise en œuvre.
La dynamique moralisante qui induit l'imposition de la morale communiste par le haut et donc la nécessité de créer un appareil social s'assurant que la morale est bien respectée. Typiquement c'est le parti unique (pendant de notre oligarchie ou notre aristocratie) ou la dictature du prolétariat (pendant de notre démocratie).
La dynamique reposant sur l'adhésion à la morale communiste à titre individuel. On rejoint alors potentiellement l'anarcho-communisme, sous réserve qu'un système de domination ne se mette pas en place à posteriori. Si l’adhésion se fait à titre individuel, alors on peut envisager la création d'une communauté de cent millions de personnes sans la nécessité de passer par un tyran.
C'est pour cela que je mets en avant l'éthique d'une personne avant tout autre considération. L'adhésion, le travail en commun et le partage du fruit étant de toute façon soumise à l'acceptation de règles au préalable. Celui qui est en désaccord ou qui viole l'accord n'a qu'a quitter la communauté et tenter sa chance ailleurs. Encore faut il ne pas tomber dans l’excès inverse qui veut que le particulier s’impose au groupe.
Depuis quand parler philo c'est faire du prosélytisme?
La philosophie est prosélytisme à partir du moment ou elle cherche à susciter l'adhésion.
Pour le reste, et pour faire plus simple, peut-être, comme beaucoup pour vous la liberté consiste en la propriété. Or si ma liberté c'est ce que j'ai et que la défendre c'est défendre ma propriété alors oui, ce que vous faite c'est substituer un mot par un autre.
Pour moi la liberté est un sentiment. Celui d'avoir le contrôle de ma vie.
Mettant qu'un pillard s'en prenne à mon bien. Je peux défendre ce sentiment en défendant ma propriété. Je peux à l'inverse préserver ce sentiment en me détachant de ma propriété.
On retombe dans la question du moi et son extension au corps et à la propriété et enfin du bon altruisme, c'est à dire l'extension du moi aux autres ou plus exactement la défense de la relation que j'ai avec les autres parce que constitutif de mon être.
C'est différent du mauvais altruisme qui est au mieux sans contre partie et qui peut aller jusqu'à faire penser à celui qui reçoit le don qu'il a un droit sur celui ci. On tombe dans le coté obscène ou le catho se voit obligé au nom de la solidarité sociale de subventionner l'artiste « d'avant-garde » qui va barbouiller d'excrément le visage du Christ. C'est ce mauvais altruisme qui poussent les gens à se renfermer encore d'avantage.