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Il mélange deux questions : la science, et telle science. Qu'est-ce que "la science" ? Quelle trajectoire est susceptible de suivre telle ou telle science, de l'autre, l'évolution des sciences ?
1- Qu'est-ce que la science ? Je n'ai honnêtement pas de définition précise à donner. Est-elle discours vrai, jugement vrai ? Je sais cependant au moins une chose : le vrai est le critère qui fait la science. J'affirme que je sais, lorsque je me fais une conception juste de ce qui est : lorsque la pensée de l'être de l'objet correspond à l'être de l'objet étudié.
Qu'est-ce que le vrai ? l''adéquation entre la pensée, et la chose. Qu'est-ce que l'erreur ? L'inadéquation entre la pensée et la chose. Quelle est la difficulté que présente l'erreur ? En général, elle paraît vraie : l'homme pense alors savoir, alors qu'il ne sait pas, en raison soit d'un paralogisme, erreur de l'intelligence, mauvaise interprétation de la réalité étudiée par exemple, soit d'un sophisme, erreur de la volonté, le plus connu étant le fait de refuser de se plier à la réalité donnée.
Qu'est-ce qui fait maintenant le savant ou le sage ? Le fait de se plier au vrai. Il est esclave du vrai. En tant qu'il en est esclave, il doit soumettre sa volonté à son intelligence. Peu importent ce que ses passions lui dictent, la seule chose qui doit compter : le vrai.
2- Comment définit-on ? Quand parvient-on à la connaissance d'un objet donné ? Lorsque l'on sait le décrire, l'analyser sous toutes les coutures, ou lorsque de cette analyse on parvient à en saisir l'être ? Connaît-on lorsque l'on en reste à l'érudition ou quantité d'informations, ou lorsque l'on trouve la définition de l'objet, quiddité, certes réduction par rapport à l'essence, approximation ?
Comment évaluer la qualité de telle science, et la qualité de notre connaissance/science en général ? En fonction de ses résultats, en tant que savoir-faire ? Mais qu'implique savoir-faire ? La connaissance des objets en eux – même, ou la connaissance des rapports ou relations entre les objets ? Une science quantitative ne suffit-elle pas au savoir-faire ? Est-il nécessaire pour ce faire d'avoir une bonne conception de la substance ?
3- Que sont nos sciences, plus largement ? Des arts, c'est-à-dire des disciplines qui visent un agir ou une œuvre, faire ou fabriquer, ou sont - elles encore pour partie contemplatives ou spéculatives : recherche qui ne vise que la vérité, sans se soucier d'application ? Sont-elles toujours capables de rendre compte de la partie de la réalité qu'elles étudient ? Notre science en général maintenant permet - elle de rendre compte de la totalité de la réalité ? La fin qu'on leur assigne ou non peut - elle être cause de corruption ? Les méthodes que l'en emploie ?
Si vous préférez que je sois plus concret : la négation de l'être n'implique-t-elle pas une corruption de notre connaissance ? Est-on encore capable d'une autre abstraction, que la simple réduction à la quantité, les mathématiques ? Ne nie-t-on pas constamment la qualité ? Ne veut-on pas aussi pour cette raison appliquer les méthodes mathématiques à toutes les sciences ? N'est-ce pas une cause de corruption de certaines sciences ?
4- Pourquoi une science donnée évolue-t-elle ? Qu'est-ce qui change ? Ce n'est pas ce qui est savoir qui change dans cette science, c'est-à-dire ce qui est parfaitement conforme à la réalité ou vrai, du moins si l'on considère seulement comme évolution possible, le progrès. C'est ce qui était erreur qui disparaît alors : la pseudo-science, ou anti-science dans la science considérée, le non-être de cette science.
Précédemment, j'ai exposé les causes possibles de l'erreur. Je n'ai cependant pas indiqué deux autres phénomènes à prendre en compte : 1 - l'erreur s'inscrit dans une orthodoxie donnée admise et défendue par les savants, ce qui peut induire une résistance à la destruction de l'erreur comme progrès ; 2- il y a une unité des sciences, la connaissance entendue en général, et le savant en question part des résultats d'autres sciences. Qu'est-ce qui est relatif à l'opinion, qu'est-ce qui est relatif à ce qu'il sait, dans ses théories ?
A partir de ces considérations, on peut terminer par la question suivante : une science donnée est-elle susceptible d'être plus que mélange d'être et de non-être ? Peut-elle être acte pur ou perfection, impeccable si vous préférez ? Suit - elle aussi forcément un mouvement ascendant, ou est - elle susceptible de régression ? Progresse-t-on seulement, ou peut-on même en progressant introduire des erreurs, ou admettre des principes ou idées, susceptibles de conduire les savants à de nouvelles erreurs, voire à une future régression ?