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par Garance
#4380928
9 décembre 1905 : Séparation des Églises et de l'État
Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand (43 ans) fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l'État.
La loi s'applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, la confession d'Augsbourg (les protestants luthériens), les réformés (les protestants calvinistes) et les israélites.


Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l'Église catholique, l'un et l'autre se disputant le magistère moral sur la société.

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Une loi de conciliation

La nouvelle loi met fin au Concordat napoléonien de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l'Église catholique.
Elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Article 1er : «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ...».
Article 2 : «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ...»
Par cette loi, l'État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s'exonère pas de ses responsabilités.
Il veut «garantir» à chacun les moyens d'exercer librement sa religion dans le respect de celles d'autrui.

C'est dans cet esprit que sont instituées des aumôneries dans les milieux fermés (casernes, lycées, prisons, hôpitaux)... et, plus tard, des émissions religieuses sur les chaînes publiques de télévision.
L'État n'entend en aucune façon limiter la liberté de conscience ni cantonner la religion à la sphère privée (il n'est pas question par exemple d'interdire le port d'insignes religieux !).

Sur le plan financier, la loi a deux conséquences majeures :

– Les ministres des cultes (évêques, prêtres, pasteurs, rabbins...) ne sont plus rémunérés par l'État et celui-ci se désintéresse totalement de leur nomination,
– Les biens détenus précédemment par les Églises deviennent la propriété de l'État mais celui-ci se réserve le droit de les confier gratuitement aux représentants des Églises en vue de l'exercice du culte.

Pour les Églises, l'opération va s'avérer plutôt profitable (mais on ne s'en apercevra que bien plus tard). En effet, d'une part, les ministres du culte et en particulier les évêques vont gagner en indépendance, n'étant plus tenus de rendre des comptes à l'administration.
D'autre part, les Églises ne vont plus avoir à leur charge l'entretien très coûteux des édifices religieux (cathédrales, églises, temples...) préexistant à la loi de 1905.

Elles ne devront plus assurer que l'entretien courant de ces édifices ... Quand à ceux qu'elles seront amenées à construire après la loi de 1905, ils seront leur propriété pleine et entière.
https://www.herodote.net/9_decembre_190 ... 051209.php
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par Merl1
#4384964
16 décembre 714 : décès de Pépin II de Herstal, dit « le jeune ».

Pépin II de Herstal, aussi appelé Pépin le Jeune, souverain des Royaumes francs de Neustrie et d'Austrasie meurt, le 16 décembre 714 à Jupille (près de Liège). Comme Pépin de Herstal n'a plus de fils légitime, Grimoald ayant été assassiné en avril par un Frison ; il a désigné pour successeur son fils illégitime de 26 ans, Charles Martel. Les nobles neustriens se rebellent avec le concours de Plectrude, l'épouse de Pépin II de Herstal, qui souhaiterait hisser sur le trône son petit-fils âgé de 7 ans.

Par précaution, Plectrude fait enfermer Charles, mais celui-ci s'échappe et prend les armes... Les Neustriens tirent d'un couvent un prétendu mérovingien et le proclament roi sous le nom de Chilpéric II. Charles arrache un nouveau mérovingien d'un couvent et le proclame roi de Neustrie et d'Austrasie sous le nom de Clotaire IV. Le nouveau roi fait de lui le maire du palais. Charles doit à son énergie au combat d'être surnommé Charles Martel, en particulier contre les musulmans à Poitier. Son fils Pépin le Bref de maire du palais deviendra Roi, et son petit-fils, de Roi deviendra empereur sous le nom de Charlemagne !

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par wolfy
#4390475
Le 28 décembre 1503 : le chevalier Bayard repousse l'ennemi, seul contre tous, au pont de Garigliano

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En 1504, la retraite des troupes françaises hors du royaume de Naples allait servir de théâtre à l'un de ses plus hauts faits d'armes.

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Le Garigliano, fleuve héritier de l'antique Liri, qui se jette dans la Méditerranée au nord de Naples faisait séparation entre Français et Espagnols. L'ordre fut donné par le marquis de Gonzague, général en chef des troupes du Roi de France, d'envoyer un échelon de reconnaissance pour franchir le fleuve sur un pont de bateaux rapidement lancé. Averti au dernier moment, Bayard, se joignit au petit groupe d'éclaireurs en simple pourpoint, sans avoir pris le temps d'enfiler sa cuirasse et son casque. Rapidement, les trois ou quatre cents Français et Suisses ayant franchi le Garigliano furent débordés par les 1 500 hommes appuyés d'artillerie que lança contre eux Gonzalve de Cordoue.

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L'armée française dut battre en retraite. Le pont, fort étroit, imposait aux Espagnols de se présenter un à un devant Bayard, resté seul à l'arrière-garde. La vaillance, l'adresse et l'endurance de Bayard firent merveille. « Comme un tigre échappé », dit Théodore Godefroi, « il s’accula à la barrière du pont et à coups d’épée se défendit si bien que l’ennemi ne pouvait discerner s’il avait affaire à un homme ou au Diable. Cette belle action lui mérita pour devise un porc-épic, avec ces mots : Vires agminis unus habet ». Il fallut toute la persuasive ardeur de ses compagnons pour qu'il en laisse quelques-uns prendre le relais : le père de Brantôme et le capitaine Ymbault de Rivoire. Ce dernier, un Dauphinois, seigneur de Romagnieu, excita l'admiration des habitants de Lyon, ville dans laquelle il demeurait. La ruelle qui desservait sa maison porte encore le nom qui lui fut alors donné de Montée du Garillan.

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C'est finalement l'artillerie française, mise en batterie sur la rive opposée, qui contraignit les Espagnols à prendre le large et mit fin à la bataille.

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Plariste le Revanite a/ont remercié ça
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par absurditanais
#4390485
28/12/1903 : Ouverture au Caire du Musée de l’Art islamique.
28/12/1948 : Assassinat du Premier ministre égyptien Mahmoud Fahmy Nuqrachi.
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par Alberto
#4390639
Les vrais cathos ne peuvent ignorer le décès de François de Sales le 28 décembre 1622 à Lyon.
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par absurditanais
#4390641
Alberto a écrit :
28 déc. 2017, 20:22
Les vrais cathos ne peuvent ignorer le décès de François de Sales le 28 décembre 1622 à Lyon.
Quelle mémoire, je suis vraiment impressionné, sinon tu sais en ce moment le François et le cato...
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par wolfy
#4390772
Le 29 Décembre 1170 : Assassinat de l'archevêque Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry.

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Le 29 décembre 1170, l’archevêque Thomas Becket (52 ans) est assassiné dans sa cathédrale de Cantorbéry pendant qu’il célèbre les vêpres. C’est l’épilogue d’une amitié entre le prêtre et le roi Henri II qui s’est transformée en haine. Une tragédie de théâtre appliquée à l’Histoire !

Un homme de principes

Fils d’un marchand de Rouen, Thomas Becket conjugue tous les talents : beauté, intelligence, adresse. Après des études à Paris, il entre au service de Théobald, archevêque de Cantorbéry et primat d’Angleterre. Celui-ci lui confie la charge d’archidiacre.

Thomas Becket devient le chancelier et l’ami du roi Henri II Plantagenêt dès l’avènement de celui-ci sur le trône d’Angleterre. Il se montre administrateur efficace et bon courtisan. Il partage les plaisirs du roi, part avec lui faire la guerre en Aquitaine et ne se prive pas de taxer les abbayes pour couvrir les besoins de la cour.

Lorsque meurt Théobald en 1162, Henri II croit habile de confier l’archevêché de Cantorbéry à son ami. Il espère avoir de la sorte un interlocuteur complaisant à la tête du clergé anglais. Mal lui en prend. Thomas Becket change très vite de manière et prend sa nouvelle tâche à coeur. Il abandonne sa charge de chancelier et, dès le synode de Westminster, en octobre 1163, s’oppose publiquement à son ancien ami qui veut lever des taxes sur les terres d’Église et soumettre les ecclésiastiques à sa juridiction.

Le roi promulgue à cet effet les Constitutions de Clarendon. Celles-ci placent l’Église anglaise sous l’autorité du trône. On peut lire par exemple : «Les clercs, lorsqu’ils auront été convoqués devant un tribunal du roi, devront se rendre à son tribunal et aussi au tribunal ecclésiastique.
Et si un clerc a été convaincu ou s’il a avoué, l’Eglise n’a plus le droit de le protéger.
Les archevêques, les évêques et toutes les personnes dans le royaume qui sont vassaux directs du roi tiennent leurs possessions du seigneur roi en baronie et doivent en rendre compte aux fonctionnaires et aux officiers du roi…
Et si l’archevêque ne rend pas bonne justice, l’appel doit venir en dernier ressort au roi et il ne doit pas aller plus loin sans l’autorisation du seigneur roi.»

Thomas Becket accepte dans un premier temps les Constitutions puis se rétracte à la demande du pape Alexandre III.

Sommé de comparaître devant une assemblée de barons, l’archevêque prend la poudre d’escampette. Il traverse la Manche et se réfugie à l’abbaye de Saint-Colombe, à Sens, sous la protection du roi de France et du pape. Son séjour sur le Continent se prolonge pendant six ans.

Enfin, sur la foi d’une promesse de réconciliation d’Henri II, qui le rencontre à Fréteval, en France, il consent à revenir en Angleterre.

Mais les querelles reprennent de plus belle. Un jour, comme l’archevêque a excommunié tous les évêques qui ont pris le parti du roi, celui-ci s’écrie : «Eh ! quoi, parmi tous ces lâches que je nourris, aucun n’est donc capable de me venger de ce misérable clerc !» Quatre chevaliers ne se le font pas dire deux fois et courent à la cathédrale faire ce qu’ils croient être leur devoir.

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Repentance

Devant le scandale national et international que soulève le crime, Henri II abroge les Constitutions de Clarendon et fait amende honorable. Il se rend devant la châsse de l’archevêque, à Cantorbéry, et y passe un jour et une nuit en prière. Puis, devant les 70 moines du chapitre de la cathédrale, il se dépouille de ses vêtements et se fait fouetter. Il reçoit enfin l’absolution. Comme, le même jour, ses troupes triomphent des Écossais, ses sujets estiment que Dieu l’a effectivement absous.

La châsse du saint archevêque martyr vaut à Cantorbéry de devenir pendant un temps une destination de pèlerinage aussi prisée que Compostelle. Deux auteurs modernes ont rendu vie à cette histoire. Il s’agit de Thomas Eliot (Meurtre dans la cathédrale) et Jean Anouilh (Becket).

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par wolfy
#4391154
30 Décembre 1916 : Assassinat de Raspoutine à Petrograd.

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Le 16 décembre 1916, le prince Félix Ioussoupov, 29 ans, attire Grigori Efimovitch Raspoutine dans son palais de la Moïka de Saint-Pétersbourg avec la ferme intention de l’assassiner. Depuis plusieurs mois, il n’a plus que cette idée en tête : éliminer cet aventurier libidineux, ce prétendu moine, dont l’emprise néfaste sur le tsar et la tsarine risque de conduire la Russie à sa perte. Félix est parvenu à convaincre une poignée d’hommes courageux : le grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II, Vladimir Pourichkevitch (un député d’extrême droite), Soukhotine (un officier) et le docteur Stanislas Lazovert. Le plan est plutôt simple : faire miroiter à Raspoutine une rencontre secrète avec l’épouse de Ioussoupov, qui passe pour la plus belle femme de Russie, l’empoisonner avec des gâteaux à l’arsenic et se débarrasser du corps dans la Neva. Ni vu ni connu.

Mais ce plan admirable ne se déroule absolument pas comme prévu. Raspoutine n’est pas du genre à se laisser tuer sans y mettre une dose de mauvaise volonté. Ce moujik illuminé possède une résistance surhumaine.

Son emprise sur le couple impérial est phénoménale. Le tsar et la tsarine lui mangent dans la main. Il fait et défait les ministres. Il est dangereux. On le soupçonne d’espionnage au profit de l’Allemagne. Certains pensent qu’avec l’accord de la tsarine il s’apprêterait à convaincre le tsar de se retirer du conflit. Ce n’est pas tout : sa débauche continuelle fait scandale.. On murmure que Raspoutine aurait besoin de faire l’amour dix fois par jour et que toutes les femmes en sont folles. Il les hypnotise. Ses folies scandalisent la cour, mais personne n’ose lui faire front, terrorisé par ses pouvoirs naturels et surnaturels. Un mot de lui suffit à la tsarine pour exiler même le plus puissant des princes au fin fond de la Russie. C’est justement ce qui arrive au père du prince Ioussoupov. Et, pourtant, sa femme et lui passent pour posséder la plus grande fortune de Russie, supérieure même à celle du tsar !

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CULTE A OSCAR WILDE

C’est alors que Félix, leur fils, décide de monter un complot pour éliminer l’aventurier mystique. C’est pourtant le dernier auquel on aurait pu penser pour entreprendre une telle tâche. À 29 ans, le prince Ioussoupov est un sacré bambocheur qui adore s’exhiber habillé en femme. Sa conscience politique n’est guère plus élevée que celle de Michou. Il a même tout fait pour échapper au front. Il a fait une partie de ses études en Angleterre, il voue un culte à Oscar Wilde.

Le prince Ioussoupov est certainement homosexuel, mais cela ne l’empêche pas d’être subjugué par la princesse Irina Alexandrovna de Russie, 19 ans, nièce du tsar Nicolas II. Elle est merveilleusement belle, douce, intelligente, bonne. Il l’épouse, lui fait un enfant. Il lui fait confiance, lui confie sa volonté d’assassiner Raspoutine pour sauver la Russie, elle ne le décourage pas. Dans un premier temps, elle accepte même de servir d’appât au monstre.

Avec l’accord des autres conjurés, le prince commence par entrer dans les bonnes grâces de Raspoutine. Il prétend souffrir d’une douleur à la poitrine pour le consulter, car le moine possède une grande réputation de guérisseur. La beauté du prince charme Raspoutine. Quand celui-ci lui propose de rencontrer son épouse, Irina, qui rêve de le connaître, il ne se méfie pas. Il a entendu parler de sa beauté légendaire. Il la lui faut. Même s’il est au courant de rumeurs d’assassinat le concernant. Il accepte la proposition du prince de venir un soir à son palais de la Moïka. Mais en catimini, car la princesse désire une rencontre discrète. Au dernier moment, Irina se dégonfle. Elle a peur. Depuis la Crimée où elle élève leur bébé, elle supplie son mari de renoncer à son projet dans plusieurs lettres : « Je suis persuadée que si je viens, je tomberai malade, je ne comprends pas ce qui se passe en moi, j’ai envie de pleurer tout le temps. » Malgré sa défection, les comploteurs poursuivent leur projet.

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MISE EN SCENE

Ils ont décidé de passer à l’acte dans les sous-sols du palais afin de ne pas être surpris. La veille du jour J, se faisant aider par un domestique sûr, Ioussoupov transforme une simple salle en salon confortable avec des tables, des chaises, des tapis, des bibelots et même une peau d’ours sur le sol. Il a prévenu Raspoutine qu’il irait le chercher après minuit afin que personne ne se doute de ce rendez-vous secret avec Irina. Le 16 décembre, vers 23 heures, pour peaufiner le décor, le prince fait déposer sur la table un samovar, du vin et des gâteaux à la crème rose aimés par Raspoutine. Un peu avant minuit, les quatre autres conjurés arrivent. Il revient au docteur Stanislas Lazovert d’empoisonner les gâteaux. Utilisant une seringue, il y introduit quelques cristaux de cyanure. « C’est suffisant pour tuer un éléphant », explique-t-il. Le vin est également empoisonné. La mise en scène est parfaite. Les conjurés pensent même à faire diffuser de la musique gaie grâce à un phonographe installé à l’étage supérieure. Il s’agit de faire croire à leur victime que la grande-duchesse Irina reçoit des invités.

Une fois les préparatifs achevés, le prince Félix va chercher Raspoutine en voiture, vers minuit trente. Le docteur Lazovert sert de chauffeur. Leur victime les attend, monte dans la voiture sans méfiance. Il ne pense qu’à la grande-duchesse Irina qu’il va rencontrer grâce à son ballot de mari. Les deux hommes pénètrent dans le palais par une porte dérobée, puis s’installent dans le salon du sous-sol en attendant qu’Irina puisse quitter ses invités. La musique gaie provenant du phonographe et le bruit de conversations (ce sont les autres conjurés, attendant à l’étage supérieure) mettent Raspoutine en confiance. Pour patienter, le prince lui propose de manger quelques gâteaux et de boire un verre de vin. Mais son invité refuse. Panique de Ioussoupov. Que faire ? Il s’excuse auprès de son invité pour se ruer à l’étage supérieur où il confère avec ses complices. Il n’y a rien à faire d’autre qu’attendre. Félix retrouve Raspoutine en train de manger un gâteau et de boire du vin de Madère. Ouf ! Tout devrait aller très vite maintenant.

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ANIME DE FORCES SATANIQUES

Les minutes passent. Le moujik ne montre aucun signe de faiblesse. Pourquoi le poison n’agit-il pas ? C’est incompréhensible. Voilà maintenant que Raspoutine demande à son hôte de lui jouer un air tsigane à la guitare. Plus tard, plusieurs hypothèses seront émises pour expliquer l’inefficacité de l’arsenic. Une réaction chimique a pu se produire avec le sucre du gâteau, annihilant l’effet mortel. Se sachant menacé, Raspoutine se serait mithridatisé. Enfin, le docteur Lazovert aurait flanché à la dernière seconde en fournissant une poudre anodine à la place de l’arsenic. Voyant son invité toujours aussi vaillant, Ioussoupov retourne se concerter avec ses complices. Après avoir envisagé de l’étrangler, ils décident de l’abattre d’une balle. Ioussoupov emprunte le pistolet du grand-duc Pavlovitch, redescend dans le sous-sol, braque son arme sur Raspoutine en lui disant : « Grigori Efimovich, vous feriez mieux de regarder ce crucifix et de prier. » Dès que le moine esquisse un signe de croix, il lui loge une balle dans la poitrine.

Le monstre s’écroule sur la peau d’ours pour une dernière étreinte. Les autres accourent. Après quelques spasmes, l’homme s’immobilise. On le croit mort. Les conjurés quittent la pièce pour discuter de la suite des événements. Félix revient pour vérifier que le diable est bien mort. Il se penche sur lui, l’observe de près. Soudain, un oeil s’ouvre. Raspoutine se dresse, saisit son meurtrier à la gorge. Les deux hommes luttent. Le moujik a l’air dément, les yeux exorbités, crachant du sang, balbutiant : « Félix, Félix, Félix… » Celui-ci confiera plus tard : « Je ne peux pas décrire la terreur qui s’empara de moi ! J’ai lutté pour me libérer de son étreinte, mais j’étais dans un étau. Entre nous s’engagea un combat féroce. Il était déjà mort tué par le poison et d’une balle au coeur, mais il paraissait être animé de forces sataniques. » Le prince finit par s’arracher aux griffes du diable, court chercher ses amis, revient avec le député Pourichkevitch armé d’un revolver. Ils trouvent Raspoutine se traînant sur le sol, déjà il est dans la cour, pousse la porte, disparaît dans la rue. Le député le poursuit. Dans ses Mémoires, le prince note avoir entendu un, deux, trois, quatre coups de feu. Le voilà mort. « J’ai vu le corps de Raspoutine. C’était comme un désordre sanglant… Spectacle dégoûtant. Je voulais fermer les yeux, pour fuir, oublier le cauchemar, même pour un instant. J’étais attiré par le cadavre comme par un aimant. »

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INTERVENTION DES ESPIONS ?

Mais ce témoignage ultérieur du prince doit-il être pris au pied de la lettre ? N’a-t-il pas caché la vérité ? En effet, la photo du cadavre de Raspoutine montre l’impact d’une balle tirée à bout portant dans le front, typique d’une exécution. Or, Pourichkevitch a affirmé avoir tiré dans le dos et la nuque. Cette quatrième balle est même d’un calibre supérieur aux autres. Elle pourrait avoir été tirée par l’arme équipant les agents des services secrets britanniques. Justement, la présence de deux d’entre eux, très amis du prince Ioussoupov, est signalée sur place. Quelques années plus tard, l’un d’eux, un certain Oswald Rayner, se vantera abondamment d’avoir achevé Raspoutine pour éviter que la Russie ne tombe dans le camp allemand. Faut-il le croire ?

Dans son livre de souvenirs, Ioussoupov dira simplement que le cadavre est ficelé dans des rideaux et jeté dans la voiture. Le grand-duc et l’officier Soukhotine prennent la direction de l’île Petrovski, s’arrêtent sur le pont qui la relie à la rive et balancent Raspoutine dans la Neva. Comme la glace empêche le cadavre de disparaître, ils doivent y percer un trou. Enfin, Raspoutine est éliminé. Contents d’en avoir enfin fini, ils ne remarquent pas la botte de leur victime restée sur la glace. C’est sa découverte qui conduira à l’ouverture d’une enquête.

Le cadavre complètement congelé est retrouvé deux jours plus tard. Il est immédiatement envoyé à l’Académie militaire pour autopsie. Le Dr Kossorotov découvre de l’eau dans les poumons. Incroyable, mais Raspoutine, empoisonné, touché à bout portant, battu comme plâtre, respirait encore quand il a été balancé dans la flotte ! Le 3 janvier 1917, la tsarine éplorée le fait inhumer dans une petite chapelle près du palais de Tsarskoïe Selo (Pouchkine aujourd’hui). Pas pour longtemps. Le 22 mars, un groupe d’ouvriers révolutionnaires récupère le cadavre, le traîne dans un bois proche pour le réduire en cendres. Dans le feu, le cadavre se redresse comme pour s’asseoir. Panique dans l’assistance. Le moine revient à la vie ! Non, ce sont seulement les tendons, qui, sous l’effet de la chaleur, se contractent. Mais, durant des années, des rumeurs prétendent Raspoutine encore vivant. Seul son monstrueux pénis aurait échappé à l’autodafé. Le musée de Saint-Pétersbourg présente comme le sien un phallus momifié de 29 centimètres.

L’enquête suivant la découverte du cadavre a vite fait d’identifier les coupables. Le médecin et le jeune officier ont déjà fui Saint-Pétersbourg. Le prince, le grand-duc et le député sont arrêtés. Aussitôt, la tsarine réclame leur exécution, mais ils sont simplement exilés.


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par wolfy
#4391508
31 Décembre 192 : l’empereur Commode est étranglé par son esclave

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Le 31 décembre 192, l’empereur romain Commode est étranglé par son fidèle esclave Narcisse dans sa villa de Quintili. Nous sommes en fin d’après-midi. Rome attend de célébrer la nouvelle année. L’empereur, lui non plus, n’est pas au mieux de sa forme. Il vient de rendre tripes et boyaux et un marteau-piqueur lui défonce le crâne. Il se sent mal, très mal. Que lui arrive-t-il ? A-t-on cherché à l’empoisonner ? Le poison se trouvait peut-être dans le verre de vin servi quelques minutes plus tôt par sa concubine favorite Marcia… Demain, il la fera égorger. Elle et plusieurs autres sénateurs qu’il a dans le collimateur.

Étranglement

Ses sympathiques pensées sont brutalement interrompues par une poigne de fer qui lui serre le cou. Il ouvre les yeux pour découvrir Narcisse en train de l’étrangler. Lui ? Lui en qui il a toute confiance. Un « ami » de 30 ans. L’empereur se débat, essaie d’échapper à la prise mortelle, mais son agresseur, champion de lutte, est bien trop fort. Commode suffoque. Commode meurt. Dans la bagarre, Narcisse se retrouve assis sur son maître. Ainsi périt, à 30 ans, l’un des plus sanguinaires empereurs romains, de la lignée des Néron et des Caligula. Il a fait disparaître des centaines de supposés comploteurs. Il a exterminé des centaines de lions, d’éléphants, de rhinocéros, d’autruches et même de girafes dans les arènes de Rome.

Commode devient empereur en l’an 180, lorsque son père Marc-Aurèle décède d’une maladie. C’est alors un jeunot de 18 ans. Le père et le fils sont alors à Vienne, en train de combattre les barbares menaçant les frontières de l’empire. Que le fils succède au père, c’est une grande première dans la dynastie des Antonins. Jusque-là, tous les empereurs désignaient l’homme le plus digne de diriger l’empire. Marc-Aurèle a cru pouvoir façonner un homme d’État avec la chair de sa chair. Quel présomptueux !

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Vie de luxe

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir donné la meilleure éducation à son fils, engagé les précepteurs les plus renommés de l’époque. Avant de s’éteindre, l’empereur philosophe recommande une dernière fois son fiston à ses fidèles conseillers. Au cours de ses premiers mois de règne, le jeune Commode fait profil bas. Respectant le protocole habituel, il fait incinérer papa avant de le faire déifier.

Maintenant, que doit-il faire ? Poursuivre le combat contre les barbares et vivre à la dure parmi ses légions ? Ou bien regagner Rome par n’importe quel chemin pour y profiter du luxe, des femmes et de la bonne chère ? Doté d’un faible caractère, le jeune empereur suit les conseils de ses compagnons de beuverie, qui l’incitent à une vie de luxe.

Commode bâcle un accord de paix et le voilà à Rome, où il se fait adouber par le peuple qui lui rend un vibrant hommage. Au cours de ses premières années, Commode se montre commode et raisonnable, respectant les conseils des amis de son père. Il se préoccupe davantage de ses plaisirs que de gouverner l’empire. Son sérail comprend 300 jeunes femmes et quasiment autant de beaux jeunes hommes, dit-on.

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Le goût du sang

La vie est magnifique jusqu’au jour où Commode échappe à une tentative d’assassinat montée par sa soeur Lucilla (jalouse de l’impératrice régnante) et certains sénateurs. Dès lors, le jeune empereur développe une haine implacable pour le Sénat, basculant dans la plus noire paranoïa. Il laisse le commandant de la garde prétorienne Pérennius exécuter sa soeur et ses complices. Il emploie une armée de délateurs qui, par un zèle très intéressé, balancent de nombreux sénateurs pour des crimes imaginaires.

Prenant goût au sang, Commode envoie à la mort tous ceux qu’il soupçonne de trahison. Simultanément, de nombreux soldats désertent pour former des bandes de brigands. L’un d’entre eux, du nom de Maternus, ose même marcher sur Rome pour s’emparer du trône impérial. Il est dénoncé avant d’y parvenir, mais cette nouvelle tentative renforce Commodore dans sa folie.

Simultanément, il devient totalement mégalo, se présentant comme le nouveau Romulus. Il rebaptise les institutions, renomme les mois de l’année. Rome devient Colonia Lucia Annia Commodiana. Il se prétend Hercule, fils de Jupiter, s’habille d’une peau de lion et s’arme d’une massue. Pour se concilier le peuple, il lui offre des jeux de cirque démentiels dans lesquels il massacre des centaines d’animaux sauvages qu’il fait venir d’Afrique, mais aussi d’Inde. D’où la disparition du lion de l’atlas en Afrique du Nord.

Il n’hésite pas, non plus, à descendre dans l’arène pour combattre comme gladiateur, une profession infâme.Totalement insensé, Commode fait ériger des statues colossales de lui. Les Romains commencent à se lasser de ses excès, les sénateurs comme le peuple.

Commode précipite sa fin lors de la fête des saturnales de novembre 192. Il promet un spectacle de cirque extraordinaire aux Romains, qui accourent des quatre coins de l’empire pour y assister. Depuis une plate-forme surélevée ceinturant l’arène, il commence par abattre à l’arc à la javeline des centaines de lions, d’ours, de léopards, de cerfs, de gazelles et d’autruches. Mais aussi un tigre, un hippopotame et un éléphant. Cela ne lui suffit pas.

Chaque jour, il descend dans l’arène pour combattre une flopée de gladiateurs qui se laissent vaincre, et parfois tuer. Fin décembre, provocation suprême, il annonce vouloir inaugurer la nouvelle année non pas revêtu du costume pourpre traditionnel, dans son palais, mais déguisé en gladiateur dans leur gymnase. Mise au courant, sa concubine préférée Marcia le supplie à genoux d’y renoncer pour ne pas déshonorer Rome. Furieux, il convoque l’intendant du palais Eclectus et le préfet du prétoire Laetus pour leur demander d’installer un appartement dans le gymnase des gladiateurs. Ceux-ci tentent à leur tour de le convaincre de ne pas commettre cette folie. Rien à faire.

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Pris à son propre piège

Rendu enragé par ces avis contraires, l’empereur rentre dans sa chambre, saisit une tablette taillée dans de l’écorce déliée de tilleul pour y inscrire le nom de ceux qu’il compte faire exécuter la nuit suivante. En tête de liste, il inscrit Marcia, Eclectus et Laetus, suivis des noms de plusieurs autres sénateurs. Il pose la tablette, part prendre un bain coquin avec quelques-unes des ses favorites. Pendant son absence, un des garçonnets qu’il garde dans son entourage pour satisfaire ses petits plaisirs pédérastiques (c’est l’habitude à Rome des hauts personnages) s’empare de la tablette pour jouer avec.

C’est alors qu’il tombe sur Marcia, qui la lui confisque. En y jetant un coup d’oeil, elle découvre avec effarement sa condamnation à mort. « Courage, Commode, se dit-elle, voilà récompense que tu prépares à mon amour, à ma tendresse, à la résignation avec laquelle, pendant de si longues années, j’ai supporté tes brutalités et des débauches ! Mais un homme toujours plongé dans l’ivresse ne triomphera pas d’une femme sobre. »

Marcia prévient aussitôt Eclectus et Laetus et, ensemble, ils décident d’assassiner l’empereur le jour même. C’est une question de vie ou de mort, pour eux. Comment procéder ? Marcia a l’habitude de lui présenter une coupe de vin à la sortie de son bain. Cette fois, elle y glissera du poison. Aussitôt, elle passe à l’action. Sans se méfier, Commode boit le vin et s’endort sur son lit. Bientôt de violents maux d’estomac le réveillent. Il est pris de vomissements. Les trois conjurés s’inquiètent : si Commode rejette le poison, il vivra et eux mourront. Ils n’ont qu’une solution, convaincre l’esclave Narcisse d’égorger son maître. Celui-ci accepte contre une forte récompense. Il se dirige vers le lit de Commode, qu’il saisit au cou pour l’étrangler… Ainsi périt l’empereur romain qui se prenait pour Hercule.


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par cemab
#4391546
La décadence...
Etonnant qu'un sage comme Marc-Aurèle ait pu engendrer un rejeton pareil :?
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par Alberto
#4391709
Commode était un bâtard. [smilie=_banker.gif]
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par Garance
#4393791

5 janvier 1895 : dégradation du capitaine Dreyfus


Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris. Il a été condamné au bagne à vie pour haute trahison.
L'"Affaire Dreyfus" commence un an plus tard avec la révélationde son innocence.
Elle va secouer l'opinion publique en France et dans le reste du monde pendant plusieurs décennies.

Une condamnation sans histoire

L'affaire Dreyfus débute comme une banale affaire d'espionnage par la découverte en septembre 1894 d'un bordereau contenant des secrets militaires et adressé à l'ambassade allemande.
Le capitaine Alfred Dreyfus (35 ans) est très vite accusé d'en être l'auteur sur la foi d'une analyse graphologique truquée.
Issu d'une riche famille israélite d'origine alsacienne, cet officier d'état-major est arrêté dès le 15 octobre 1894 sous l'inculpation de haute trahison.

Il échappe à la guillotine en vertu d'une loi qui a aboli la peine de mort pour les crimes politiques. C'est ainsi qu'il part pour l'île du Diable, en Guyane.

Personne en France ne doute alors de sa culpabilité ... Personne sauf sa femme Lucie et son frère Mathieu qui vont remuer ciel et terre pour obtenir sa libération.


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Dégradation du capitaine Dreyfus dans la cour de l'Ecole militaire.





Le doute s'installe

Tout se corse en mars 1896.
Le lieutenant-colonel Georges Picquart, qui dirige le service de renseignements, découvre que l'auteur du bordereau est en vérité le commandant Charles Walsin-Esterhazy.
Ayant fait part de ses doutes au chef de l'état-major, il est réduit au silence par un limogeage en Tunisie.

En octobre 1896, le colonel Henry, des services secrets, désireux d'écarter les soupçons d'Esterhazy, produit un nouveau bordereau qui accable Dreyfus. On apprendra plus tard qu'il s'agit d'un faux document !
Entre temps, la famille du capitaine Dreyfus fait appel au journaliste Bernard-Lazare pour chercher des motifs de réviser le procès.
Enfin, le 14 novembre 1897, le sénateur de Strasbourg Auguste Scheurer-Kestner, lui aussi convaincu de l'innocence de Dreyfus, publie une lettre où il annonce des faits nouveaux.
Le lendemain, Mathieu Dreyfus ne s'embarrasse pas de précautions et dénonce Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau.

Le patriotisme contre les principes


Le 11 janvier 1898, Esterhazy, qui a lui-même demandé à être jugé, est acquitté par un conseil de guerre et c'est le lieutenant-colonel Georges Picquart qui fait les frais du procès.
Accusé de faux, il est emprisonné et chassé de l'armée !

À Paris, chacun prend parti et l'Affaire prend vite un tour politique :

– il y a d'un côté ceux qui considèrent qu'on ne transige pas avec les principes et que Dreyfus, comme tout citoyen a droit à un procès équitable ; ce sont les "dreyfusards".
Parmi eux beaucoup de pacifistes de gauche et des idéalistes de droite comme Charles Péguy.
– de l'autre côté, les "antidreyfusards" considèrent que l'intérêt national prime par-dessus les droits de la personne ; face à l'"ennemie héréditaire"(l'Allemagne), il n'est pas question de porter atteinte au moral de l'armée avec un procès en révision de Dreyfus, que celui-ci soit innocent ou pas !
L'origine israélite et bourgeoise de Dreyfus attise les passions et l'antisémitisme vient au secours d'un patriotisme dévoyé.

Le dénouement

Le 13 janvier 1898, coup de théâtre avec la publication d'un article incendiaire, intitulé J'accuse... et signé par le célèbre écrivain Émile Zola.
Tout y est dit des mensonges et des compromissions des autorités. L'auteur doit s'exiler pour ne pas être emprisonné.
Mais il n'est plus possible au gouvernement d'en rester
Dreyfus revient du bagne.
Il est à nouveau jugé, condamné à dix ans de prison et aussitôt gracié par le Président de la République.

Le dénouement a lieu le 12 juillet 1906 avec sa réhabilitation par la Cour de Cassation.


De l'Affaire à Israël

Parmi les nombreuses conséquences de l'Affaire Dreyfus en France et dans le monde, notons celle-ci :

Un jeune journaliste hongrois d'origine juive, Theodor Herzl, suit l'Affaire dès le premier procès de Dreyfus.
Révolté par l'antisémitisme français, il en conclut à la nécessité de créer un État juif pour accueillir ses coreligionnaires et publie un livre pour les en convaincre. Israël est ainsi né de l'injustice faite à Dreyfus.
(source Herodote)
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par Merl1
#4403209
Le 21 janvier 1793 : assassinat de Louis XVI, Roi de France, sur la place de la révolution, ancienne place Louis XV et future place de la Concorde. La France refuse que le pouvoir politique de la Nation trouve son origine en Dieu


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À 10h20, sur la place de la Révolution, actuellement la place de la Concorde, le Roi de France, Louis XVI, âgé de 39 ans, est guillotiné. Emprisonné au Temple avec sa famille depuis le mois d'août 1792, il a été condamné à la peine de mort par le tribunal révolutionnaire le 18 janvier 1793, au mépris de toutes les lois du Royaume et de toute consultation de la volonté du peuple, dont ce tribunal se réclamait. La Convention l'accuse d'être un traître à la nation. Ses dernières paroles sont :

"Français, je meurs innocent; je pardonne à mes ennemis; je prie Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France"...»

Mais la fin de ses mots est occultée par le roulement de tambour annonçant son exécution. Le 16 octobre suivant, le Reine, Marie-Antoinette est à son tour guillotinée.

« Quand on relit Saint-Just et le célèbre pamphlet du Marquis de Sade, on comprend à quel point le meurtre du Roi fut un acte consciemment sacrilège, la profanation volontaire du sacre de Reims, « la messe noire de l'histoire de France », dont nous n'avons pas fini de vivre les ultimes conséquences. C'est un acte symbolique et théâtral, selon le génie de ce peuple, qui domine l'histoire de France, et s'oppose au baptême de Clovis à Reims ou l'aventure triomphale et sacrificielle de Jeanne d'Arc. Ce n'est pas une société profane qui s'est scellée dans le sang de Louis XVI, c'est une contre-chrétienté : en immolant l'Oint du Seigneur, ce peuple en tant que peuple abdiquait la haute espérance du royaume de Dieu. »

R.-L. Bruckberger, dans Dieu et la politique, p. 71


Et Pie VI, le 17 juin 1793 :

«Le Roi Très catholique Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s'est exécuté (…) Qui pourra jamais douter que ce Monarque ait été principalement immolé en haine de la Foi et par esprit de fureur contre les dogmes catholiques (...) Ah ! France ! Ah ! France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l'inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des nations, mais les précède toutes, combien tu nous es contraire aujourd'hui ! Ah ! Encore une fois, France ! Tu demandais toi-même auparavant un roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du royaume ne permettaient pas de reconnaître un roi qui ne fut pas catholique. Et maintenant que tu l'avais, ce roi catholique, c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner !... Jour de triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations et la victoire au milieu de son supplice! »

(Allocution au Consistoire secret du 17 juin 1793 sur l'assassinat de Louis XVI)



21 janvier 1794 : lancement des colonnes infernales de Turreau sur la Vendée.

Après la dislocation de l'armée vendéenne à Savenay, la Convention décide de poursuivre la "pacification" de la Vendée. Le soutien apporté à la contre-révolution par la population ayant été puissant, Robespierre et son gouvernement veulent appliquer jusqu'au bout leur résolution du 1er août, prônant des mesures extrêmes pour détruire la rébellion : destruction des récoltes et des villages, exécution des suspects, confiscation du bétail. Ces lois, ainsi que celle du 1er octobre, n'ont jamais été abolies depuis! Turreau va mettre en œuvre avec application cette politique de la terre brûlée. Seules quelques villes d'importance doivent être épargnées, le reste peut être rasé… Pendant près de cinq mois, les colonnes infernales vont multiplier exactions et massacres.


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12 "colonnes infernales" vont quadriller la région et la dévaster. Le 28 février 1794, tuant et incendiant tout sur leur passage, les colonnes Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Elles sont attaquées par Charette et mises en déroute. Cependant, Charette se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s'en aperçoit, se dirige vers Les Lucs et massacre le village: des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. Les soldats poussent la population dans l'église, mais, celle-ci est trop petite. Les républicains chargent à la baïonnette et massacrent toutes les personnes restées à l'extérieur. La chapelle est ensuite fermée et incendiée, puis détruite au canon.
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par Garance
#4418811
16 février 1943 : Service du Travail Obligatoire (STO)

Le 16 février 1943, une loi de l'État français institue le Service Obligatoire du Travail, rebaptisé très vite Service du Travail Obligatoire (STO) en raison des moqueries suscitées par ses initiales.

Dès le début de l'Occupation allemande, des Français se sont portés volontaires pour aller travailler en Allemagne dans les fermes ou les usines d'armement, en échange d'une bonne rémunération. On en compte au total 240 000, dont 70 000 femmes.

Ces travailleurs volontaires ne suffisant pas à colmater les manques de main-d'oeuvre occasionnés par la mobilisation, Fritz Sauckel, responsable de l'emploi dans le IIIe Reich hitlérien, presse le gouvernement de Vichy de lui fournir 350 000 travailleurs qualifiés supplémentaires.

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Le 22 juin 1942, Pierre Laval met donc en place la « Relève », promettant qu'au départ de trois travailleurs répondrait la libération d'un prisonnier français. L'opération se solde par un fiasco. Il se résout alors à organiser le STO.

C'est le seul exemple d'un gouvernement européen qui ait livré ses travailleurs à l'Allemagne.

On compte jusqu'en juin 1944 un total de 650 000 départs au titre du STO.
Mais aussi environ 200 000 réfractaires. Beaucoup de ceux-ci entrent dans la Résistance et prennent le maquis.
(source Herodote)

ps : L'affiche est d'actualité. [smilie=icon_smile040.gif]
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par cemab
#4418821
1943... un doute m'étreint, c'est quelle chambre déjà ?
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par allmen67
#4450973
A propos de Charles Martel et 732, je n'ai pas trouvé de sujet sur la bataille de Poitiers, désolé.

https://www.lemediatv.fr/les-partenaire ... -poitiers/

Bref, un opportuniste pour le personnage historique passé sous silence jusqu'au XIXème siècle et récupéré par de sinistres sbires depuis: les conspirationnistes de la guerre des civilisations et du grand remplacement jusqu'aux idiots utiles identitaires.
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par Merl1
#4465477
16 mai 1364 : bataille de Cocherel


La bataille de Cocherel se déroule le 16 mai 1364, près d'Évreux. Elle oppose l'armée française aux ordres de Bertrand du Guesclin, et celle de Charles de Navarre commandée par le captal de Buch. Ce dernier fait le Blocus de Paris par l'ouest de la Seine. Il est appuyé par une armée anglo-gasconne de 6000 hommes, dépêchée par Édouard III d'Angleterre. Les Navarrais ont l'avantage du nombre et des positions (en hauteur).


La victoire de Cocherel est très importante pour le Royaume de France, à trois jours du sacre de Charles V le Sage. Elle permet au jeune Roi de marquer les esprits de ses sujets après le règne catastrophique de son père Jean II le Bon. Il va peu à peu reconquérir tous les territoires perdus. Défait, Charles le Mauvais est privé de ses possessions d'Île-de-France. Bertrand Du Guesclin bat Charles le Mauvais et ses alliés anglais ; il reçoit en récompense le comté de Longueville.



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Jean de Grailly se rend à Bertrand Du Guesclin
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par Merl1
#4468144
21 mai 1927 : fin de la première traversée de l'Atlantique en Avion.

Charles Lindbergh atterrit à Paris et réussit la première traversée de l'Atlantique en avion, en solitaire sans escale, depuis New York. Le "Spirit of Saint. Louis" se pose au Bourget, après 33 heures et 27 minutes de vol sans escale. Il a parcouru la distance de près de 6 000 km. Le nom de l'avion est le nom de la loge maçonnique du pilote.

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par Merl1
#4468147
21 mai 1871 : début de la semaine sanglante à Paris.

Les « Versaillais », surnom donné par les « communards » à l'armée française, parviennent à franchir la porte de Saint-Cloud, et à prendre ainsi par surprise les fédérés. Ces derniers détruisent tout ce qui tombe sous leurs mains (les Tuileries sont ainsi brûlées par exemple) et assassinent les parisiens qui montrent la moindre hésitation devant leur extrémisme sanguinaire.
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