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CHILI. LA JUSTICE TONNE ENFIN DU CHANT DE VICTOR JARA.
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Neuf ex-militaires chiliens ont été condamnés pour leur implication dans l’assassinat du célèbre auteur-compositeur-interprète communiste.

L’alerte rouge a été lancée. Des rapaces d’acier survolent le palais présidentiel de la Moneda. Ce 11 septembre 1973, le président chilien Salvador Allende lance un appel à la résistance. Les putschistes guidés par le général Augusto Pinochet, et soutenus par la CIA et les États-Unis, veulent faire mordre la poussière à l’Unité populaire. Victor Jara entend à la radio ce qui sera l’ultime discours du chef de l’État socialiste. La confédération syndicale enjoint les travailleurs et les étudiants à occuper les usines et les centres universitaires, à faire corps pour défendre les transformations progressistes. L’auteur-compositeur-interprète, qui a été nommé ambassadeur culturel en 1971 par le gouvernement d’Allende, se rue vers l’université technique de l’État. Très vite, un couvre-feu est décrété. La Moneda est pilonnée et la mort de Salvador Allende annoncée. Les tanks se postent devant la faculté. L’armée donne l’assaut. Les occupants sont rossés. Comme des milliers d’autres, Victor Jara est conduit au stade Chili. Les enceintes sportives sont désormais transformées en d’immenses camps de concentration où les « subversifs » sont déshumanisés.

LE CHANTEUR CHILIEN A CONNU LA SOUFFRANCE DE LA TORTURE
L’icône communiste de la nouvelle chanson chilienne est aussitôt repérée. Voilà des années que sa puissante voix est entrée dans les foyers. Le troubadour guitariste fustige l’exploitation et la misère des paysans et des ouvriers ; il encense l’anti- impéralisme ; il sublime les combats des siens et de ses frères voisins. « Je ne chante pas pour chanter ni parce que j’ai une belle voix, je chante parce que la guitare a du sens et de la raison », rappelle-t-il dans son célèbre Manifeste. Avec sarcasme, un gradé le mime, jouant de son instrument de prédilection ; il lui fait surtout comprendre que ses dernières heures sont comptées. Victor Jara connaît alors l’insondable souffrance de la torture. Le corps meurtri mais la conscience en éveil, il s’emploie à jeter sur le papier un cri de douleur et de révolte. « Comme mon chant sort mal quand je dois chanter l’épouvante. Le sang du camarade Allende frappe plus fort que les bombes et la mitraille. Notre poing frappera, à nouveau, de la même manière », griffonne-t-il. Ce seront ses derniers vers.

Dans les bas-fonds des vestiaires, les soldats s’acharnent sur ce barde à l’immense talent. Ses mains, dont il disait qu’elles étaient son unique bien, son « amour et sa subsistance », sont broyées. Il gît dans une marre de sang. Une ultime balle est tirée à bout portant pour être sûr qu’on ne l’entende plus jamais chanter. Il aurait eu 41 ans le 28 septembre.

Près de quarante-cinq ans après ce sinistre événement, la justice chilienne a enfin rendu justice. Huit militaires chiliens à la retraite – Hugo Hernan Sanchez Marmonti, Raul Anibal Jofré Gonzalez, Edwin Armando Roger Dimter Bianchi, Nelson Edgardo Haase Mazzei, Ernesto Luis Bethke Wulf, Juan Renan Jara Quintana, Hernan Carlos Chacon Soto et Patricio Manuel Vasquez Donoso – ont été condamnés à une peine de quinze ans et un jour comme auteurs des homicides de Victor Jara et de l’ex-directeur de gendarmerie Littré Quiroga, et trois ans de prison supplémentaires pour enlèvement. Un neuvième accusé, l’ex-officier Rolando Melo, a, quant à lui, écopé de cinq ans de prison pour avoir couvert ces assassinats. L’État devra également indemniser les familles des victimes à hauteur de 2,1 millions de dollars.

En juin 2016 déjà, un jury fédéral de l’État d’Orlando avait reconnu coupable du meurtre du célèbre chanteur Pedro Pablo Barrientos Nuñez, un officier chilien réfugié aux États-Unis à la fin de la dictature de Pinochet. Condamné à verser 28 millions de dollars à la famille, il est toujours sous le coup d’une demande d’extradition du Chili. Au moment des faits, ce lieutenant était assigné à la surveillance des prisonniers dans le stade. Un témoin de l’époque a rapporté que Barrientos avait revendiqué la paternité du coup qui aura été fatal à Victor Jara.

Le corps du militant communiste a été jeté dans un terrain vague aux côtés de cinq autres compagnons d’infortune puis transporté dans une morgue. Sa dépouille aurait pu « disparaître » comme nombre des 4 000 morts et disparus. Mais un jeune réquisitionné chargé de répertorier les victimes, Hector Herrera, identifie le célèbre chanteur et prévient aussitôt l’épouse de Victor Jara, la danseuse Joan Turner. Il sera enterré clandestinement à la nuit tombée.

Longtemps, la mort du musicien a été vécue comme le symbole de la répression et de l’impunité au Chili. Ses écrits et ses chants ont été prohibés par le régime du satrape. « Mon chant est une chaîne / Sans commencement ni fin / Et dans chaque chaînon se trouve / Le chant des autres », avait écrit Victor Jara. Le 24 septembre 1973, lors de l’enterrement du prix Nobel de littérature et compagnon de route du Parti communiste chilien Pablo Neruda, des voix osent braver la répression : « Victor Jara présent ! Aujourd’hui et toujours ! »

Ce n’est qu’en décembre 2009 qu’il aura enfin droit à des obsèques publiques après que ses restes ont été exhumés dans le cadre de l’enquête judiciaire censée faire la lumière sur ses derniers jours. Des milliers de Chiliens agitant des drapeaux rouges ont alors accompagné leur idole devenue martyre au cimetière général de Santiago, où il repose depuis. Sur la plaque funéraire de l’auteur de l’incontournable Te recuerdo Amanda, on peut lire un simple « Victor Jara » écrit à la peinture noire, ainsi qu’une date, le 14 septembre 1973.

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