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Modérateur : Équipe de modération

#4584858
Bock-Côté
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Une nouvelle tentation totalitaire traverse l'Occident: celle d'un monde absolument transparent délivré de ses contradictions, purement malléable et soumis à toutes les formes d'ingénierie sociale, culturelle ou biotechnologique. Elle se réclame de l'émancipation totale du genre humain. C'est en son nom qu'on décrète que les peuples sont des constructions artificielles à dissoudre dans une diversité rédemptrice ou qu'on veut conjuguer la pédagogie avec l'esprit de table rase, pour immuniser l'enfant contre l'héritage au nom de sa supposée pureté virginale. C'est en son nom aussi qu'on décrète que la filiation est une fiction archaïque qu'on doit liquider pour redéfinir la famille dans une perspective exclusivement contractualiste. On pourrait multiplier les exemples.

Mais l'âme humaine n'est pas d'une plasticité infinie. L'homme nouveau des progressistes ne sera jamais rien d'autre qu'une version mutilée de l'homme éternel. C'est une chose d'accepter la modernité, c'en est une autre de se définir intégralement à l'aune de ses catégories. À travers le conservatisme, l'homme moderne redécouvre les permanences anthropologiques qui structurent intimement la nature humaine et dans lesquelles il peut toujours puiser pour revitaliser ses libertés. De là la nécessité de les reconstruire politiquement. La cité est périssable, mais c'est la grandeur de l'homme de vouloir faire durer le monde qui est le sien. Ce que l'on nomme conservatisme n'est peut-être rien d'autre que la traduction intellectuelle de l'instinct de survie d'une civilisation qui ne voit pas pourquoi elle s'enthousiasmerait à l'idée de sa disparition.

(payant) http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/ ... ruines.php
#4607472
Le « nouveau monde » est condamné à s’effondrer

Dans Voyage au bout des ruines libérales-libertaires, l’essayiste Matthieu Baumier livre un pamphlet contre la Modernité, dans lequel il prophétise l’effondrement des élites hors-sol mondialisées et le triomphe du réel auquel les peuples sont restés attachés.
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Les exemples ne manquent pas de ces inversions du réel qui renforcent la malfaisance du couple maudit formé par le Moderne et son double, entendez le « réactionnaire » dont l’éradication est d’autant plus difficile qu’il s’agit d’une figure extrêmement utile à qui veut contrecarrer toute velléité d’insubordination : « Le libéral-libertaire n’a pas d’adversaires, il n’a que des ennemis à abattre et ces ennemis sont nécessairement des gens de droite, donc d’extrême-droite, donc fascistes, donc nazis. » Les cibles, tout le monde les connaît sans oser pour autant les viser : déculturation de la France et faillite de l’école qui n’assure même plus la sécurité des élèves ; régression de certains quartiers qu’on dit pudiquement « défavorisés » vers des formes nouvelles de barbarie, et incohérence des libéraux-libertaires en matière d’immigration ; expérimentations sociétales aux effets imprévisibles associées à la théorie du genre, et utilisation raciale d’un antiracisme de propagande, etc. Rien de bien nouveau sous le soleil français en somme, si ce n’est la position singulière de l’auteur célébrant déjà l’advenue imminente d’un ordre plus humain. D’où tient-il une si belle assurance ?

Les raisons de son optimisme sont simples : le réel finit toujours par l’emporter sur ses contrefaçons, et la réalité ne saurait être plus longtemps trafiquée sans tôt ou tard s’imposer. Le peuple a gardé par la force des choses le sens du réel, et finira donc par triompher des oligarchies mondialisées de plus en plus déréalisées. N’est-il pas d’ailleurs en train de se réveiller un peu partout en Europe et dans le monde ?
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L’horizon envisagé par l’auteur est résolument « conservateur », au sens donné dans les années 1920 à ce terme par le poète Hugo von Hofmannsthal, initiateur d’une « révolution conservatrice » suivie par nombre de grands esprits de son temps. « Enracinement » n’est plus dans ce contexte un mot obscène dès lors qu’il s’agit de transmission et de culture, de respect de la langue et de « préférence civilisationnelle » dont Matthieu Baumier rappelle à juste titre que chaque peuple est en droit de l’affirmer sans encourir la réprobation. Claude Lévi-Strauss ne pensait pas autre chose, à une époque pas si lointaine où le dire était encore permis. Enfin et surtout, restauration du sens de la Limite – « ce qui fait sens dans le réel » – et donc des limites abolies par les libéraux-libertaires, décloisonnant à tout-va sans trop se préoccuper des conséquences de leur libéralité.

https://www.causeur.fr/matthieu-baumier ... nde-159566
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