Plus fondamentalement, la massification de l'art, devenu omniprésent au XXè, a forcé ceux de ses artisans souhaitant revendiquer un statut sacré d'artiste à abandonner tout ce qui était susceptible de plaire au peuple. Et à la fin il ne reste pas grand chose :
Du divertissement : les musées d'arts contemporains sont de grands disneylands pleins de choses drôles, d'expériences étranges, entre le cabinet de curiosités et la masturbation. C'est amusant, mais ces pièces n'ont pas plus de valeur artistique qu'une attraction Disney.
Un "discours" sur le temps (clin d'oeil serait plus approprié), dont la valeur artistique est comparable à celle d'un jeu de mots ou d'un slogan, et presque toujours d'une platitude et d'une conventionnalité soporifiques.
Un objet auto-référentiel : des mises en abyme, des pastiches, des innovations techniques. Quand ils dépassent le divertissement cela peut intéresser les praticiens eux-mêmes ou les très grands amateurs, et les pouvoirs publics ont peut-être pour rôle d'exposer l'histoire de la fabrique de l'art. Mais tout ça concerne une audience marginale (non, pas vous).
Un marché arbitraire, beaucoup.
Un signal social, surtout.
Alors bien sûr on peut toujours appeler ça "art", tout est question de définition, quitte à y englober la blague carambar. Mais à trop étendre cette définition l'art est devenu insignifiant, seulement délimité par les frontières arbitraires fixées par un microcosme orbitant autour d'un marché.